La norme internationale ISO 24381, publiée en novembre 2023 et reprise en France sous l’indice NF ISO 24381, en donne enfin une définition opposable : un mélange résineux et balsamique, d’origine exclusivement naturelle et végétale, que les abeilles ouvrières récoltent sur les bourgeons et les exsudats de certains végétaux, et auquel elles ajoutent leurs propres sécrétions salivaires et cireuses. Elles s’en servent pour protéger la colonie.
Sa composition brute est assez stable dans ses grandes masses : environ 50 pour cent de résines végétales, 30 pour cent de cires, 10 pour cent d’huiles essentielles et aromatiques et 5 pour cent de pollens. Le détail, lui, ne l’est pas du tout : plus de 800 composés y ont été identifiés, dont plus de 140 flavonoïdes.
Cette variabilité n’est pas une curiosité de laboratoire, c’est le fait central du sujet. La composition change avec la région, la saison, la flore butinée et la colonie. Deux propolis authentiques peuvent avoir des profils chimiques très différents. C’est la raison pour laquelle nous vous parlons ici d’origine, de type et de titrage plutôt que de promesses.
Vous verrez circuler des propolis blanche, jaune, brune, noire, rouge ou verte. Toutes ces appellations ne se valent pas, et la distinction mérite d’être posée clairement, parce qu’elle conditionne ce que vous achetez.
La norme ISO 24381 ne reconnaît que trois types, définis par leur origine botanique et non par leur teinte :
| Type normé | Origine botanique | Couleurs admises par la norme |
|---|---|---|
| Brune, tempérée, méditerranéenne et boréale | Populus spp., le peuplier | du jaune brun au gris noir, en passant par le brun rouge et le brun verdâtre |
| Verte, tropicale | Baccharis dracunculifolia, Brésil | vert jaune, vert, brun verdâtre |
| Rouge, tropicale | Dalbergia ecastaphyllum, Clusia spp. | rouge, rouge jaune, rouge brun |
Deux conséquences que l’on lit rarement. D’abord, propolis jaune et propolis noire ne sont pas deux types différents : ce sont deux nuances du même type peuplier, celui qui domine en Europe. Ensuite, la propolis blanche ne correspond à aucune catégorie de la norme : c’est une désignation commerciale, souvent liée à une gamme de fabricant, pas à une origine botanique distincte.
Cela ne disqualifie rien. Le spray à la propolis blanche et le spray à la propolis noire sont deux produits différents, avec des gammes et des textures différentes. Simplement, la couleur seule ne vous renseigne pas sur la qualité.
C’est la partie utile de cette page. La norme ISO impose trois mentions à l’étiquetage de la propolis brute, et ce sont exactement les trois questions à poser avant d’acheter.
S’y ajoute une exigence d’authenticité que la norme formule sans détour : l’ajout de résines, d’extraits ou de composés quelconques dans une propolis brute n’est pas autorisé. Une propolis titrée est une propolis dont on a mesuré ce qu’elle contient, pas une propolis à laquelle on a ajouté quelque chose.
Sur les marqueurs analytiques, un mot de précision. Galangine, pinocembrine, chrysine et CAPE sont bien les marqueurs officiels retenus par la norme, mais uniquement pour la propolis de peuplier. La propolis verte se caractérise par l’artépilline C et la baccharine, la rouge par la formononétine et la biochanine. Revendiquer de la galangine sur une propolis verte serait un contresens analytique.
Le rayon se range par forme, et c’est la seule entrée honnête. Chaque forme correspond à une manière de l’utiliser, pas à une indication.
Le goût de la propolis est marqué, résineux, et il surprend souvent à la première prise. Ce n’est pas un défaut du produit.
Une page de pharmacie doit être aussi claire sur ce qu’elle ne peut pas affirmer que sur ce qu’elle vend. Voici l’état exact du dossier.
Aucune allégation de santé n’est autorisée pour la propolis au niveau européen. Le règlement (UE) 432/2012, qui fixe la liste des allégations permises, ne la mentionne pas une seule fois. Et contrairement à beaucoup de plantes, elle ne figure pas davantage parmi les allégations dites en attente d’évaluation. Sur ce point, le pollen a des entrées, la propolis n’en a aucune.
Cette nuance a cessé d’être théorique le 30 avril 2025 : la Cour de justice de l’Union européenne, dans son arrêt Novel Nutriology (affaire C-386/23), a jugé qu’une allégation non encore évaluée ne peut pas être employée en attendant. L’argument « en attente, donc toléré » est fermé.
Aucun médicament à base de propolis n’est autorisé en France. Nous avons interrogé la base de données publique des médicaments le 1er septembre 2026 : sur 15 859 spécialités et 32 400 lignes de composition, zéro occurrence. Il existe en revanche une monographie Propolis PPH à la Pharmacopée française depuis 1993, mais elle définit une souche pour préparations homéopathiques et une norme de qualité, pas une indication.
On lit partout que la propolis serait un antibiotique naturel, ou une alternative aux antibiotiques. Cette page l’a écrit elle-même pendant des années, et nous l’avons retiré. Quatre raisons, dont trois viennent des chercheurs qui travaillent sur le sujet.
Et la vraie raison, celle du comptoir : croire qu’on peut remplacer un antibiotique par de la propolis, c’est risquer de retarder un traitement nécessaire. Une angine, une fièvre qui dure, une plaie qui s’infecte relèvent d’une consultation.
C’est le point sur lequel nous insistons au comptoir, parce qu’il est réel et qu’il est presque toujours passé sous silence.
La propolis est un allergène de contact documenté. Elle a été ajoutée en 2019 à la série européenne de base des tests épicutanés, celle que les dermato-allergologues appliquent en première intention. Un relevé européen mené en 2021 et 2022 sur 18 832 patients dans 59 services de 14 pays a trouvé 5,47 pour cent de tests positifs. C’est une population de consultation, pas la population générale, et la pertinence clinique de ces réactions est souvent faible. Mais le signal existe.
L’ANSES a rendu le 30 janvier 2018 un avis sur des cas d’allergie à des compléments contenant des produits de la ruche. Sa conclusion mérite d’être citée telle quelle : « l’allergie aux pollens constitue un facteur de risque d’allergie aux produits de la ruche ». Parmi les cas décrits, une femme de 65 ans ayant présenté un œdème de la langue puis, à la reprise, un œdème des lèvres et une gêne respiratoire, et un enfant de 4 ans ayant fait une réaction immédiate sévère avec un sirop contenant de la propolis, dans un contexte que l’Agence qualifie de mésusage.
Le réseau français d’allergo-vigilance, en analysant près de 3 000 cas d’anaphylaxie alimentaire déclarés entre 2002 et 2023, attribue 1 pour cent d’entre eux aux produits de la ruche, dont un tiers de forme sévère. Les produits de la ruche font partie des allergènes que l’étiquetage obligatoire européen ne couvre pas.
Un détail qui n’en est pas un. Le CAPE, souvent mis en avant comme marqueur noble de la propolis de peuplier, est aussi l’un des deux sensibilisants majeurs identifiés dès 1992. Vanter la molécule et taire le risque serait incohérent.
Un effet indésirable survenu après la prise d’un complément alimentaire peut être déclaré au dispositif de nutrivigilance de l’ANSES. Signalez-le nous aussi : nous sommes tenus de le transmettre.
Commencez par la forme, pas par la couleur. Un extrait liquide se dose finement mais contient de l’alcool, une gélule est neutre au goût, une gomme se glisse dans une poche, un savon ne s’avale pas. Regardez ensuite l’étiquette : pays d’origine, type au sens de la norme, teneur en extractibles éthanoliques. Et si vous hésitez, appelez-nous au 01 47 27 99 08.
La propolis verte est un type à part entière, brésilienne, issue de Baccharis dracunculifolia. La noire, elle, est une nuance foncée du type peuplier européen, pas une catégorie distincte. Quant à la blanche, c’est une désignation commerciale qui ne figure dans aucune classification officielle. Le tableau plus haut détaille les trois types reconnus.
Les extraits liquides sont le plus souvent hydro-alcooliques, l’alcool étant le solvant qui extrait le mieux les résines. Si l’alcool pose problème, orientez-vous vers les gélules ou les gommes à mâcher. Demandez-nous, la teneur varie d’un produit à l’autre.
Respectez strictement l’âge minimum figurant sur le conditionnement, qui est fixé par le fabricant et non par un texte général. Évitez les sprays et les extraits alcooliques chez le jeune enfant. Et si l’enfant est allergique aux pollens ou de terrain atopique, abstenez-vous et parlez-en à son médecin.
À l’abri de la lumière, de la chaleur et de l’humidité, flacon bien refermé. Les extraits liquides tachent durablement les tissus et les plans de travail, et la résine adhère au verre : mieux vaut le savoir avant d’ouvrir le flacon au-dessus d’un vêtement clair.
ISO 24381:2023, Bee propolis, Specifications, novembre 2023 · Règlement (UE) 432/2012 et règlement (CE) 1924/2006 · CJUE, affaire C-386/23 Novel Nutriology, 30 avril 2025 · ANSES, avis 2017-SA-0215 du 30 janvier 2018 · Base de données publique des médicaments, consultée le 1er septembre 2026 · ANSM, monographies françaises en vigueur, édition janvier 2026 · Uter W. et coll., Contact Dermatitis, 2026 · Sabouraud-Leclerc D. et coll., Clinical and Experimental Allergy, 2025 · Kasote D., Bankova V., Viljoen A., Phytochemistry Reviews, 2022 · Huang S. et coll., Molecules, 2014 · Hausen B. M. et coll., Contact Dermatitis, 1992
Page rédigée par l’équipe pharmaceutique de la Pharmacie Homéopathique Centrale. Mise à jour le 1er septembre 2026.
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