Par Hélène Gaillard, pharmacienne. Mise à jour : août 2026.
Au comptoir, on ne demande pas seulement où vous avez mal. On demande ce qui déclenche la nausée, et surtout si le fait de vomir vous soulage ou non. C’est cette réponse qui oriente le choix, bien plus que la cause elle-même.
| Ce que vous ressentez | La souche indiquée |
|---|---|
| Nausée permanente, la langue reste propre, vomir ne soulage pas | Ipeca 5 CH |
| Vomir soulage nettement, langue chargée, après un excès de table ou d’alcool | Nux vomica 5 CH |
| Brûlures d’estomac, soif de petites gorgées d’eau chaude, agitation et frilosité, souvent après un repas suspect | Arsenicum album 9 CH |
| Le moindre mouvement déclenche, pâleur et sueurs froides | Cocculus indicus 5 CH |
| Les odeurs de cuisine soulèvent le cœur, nausées surtout le matin | Sepia officinalis 9 CH |
| Nausée qui suit une contrariété, boule dans la gorge | Ignatia amara 9 CH |
Le signe le plus fiable reste celui d’Ipeca : une langue qui demeure rose et propre alors que la nausée ne lâche pas. Quand la langue est chargée et que le vomissement apporte un vrai soulagement, on est du côté de Nux vomica. Deux tableaux voisins, deux souches différentes.
En pleine gastro-entérite, le vomissement est un mécanisme d’évacuation. Le danger ne vient pas de lui, il vient de ce qu’il emporte : l’eau et les sels. Chez un nourrisson ou une personne âgée, la déshydratation peut s’installer en quelques heures.
La bonne technique de réhydratation est contre-intuitive. Un sachet de solution de réhydratation orale reconstitué dans 200 ml d’eau, servi frais, donné à la cuillère, une petite quantité toutes les deux ou trois minutes. Un grand verre avalé d’un coup ressort aussitôt et décourage tout le monde.
Le cola dégazé a la vie dure dans les familles. C’est pourtant une mauvaise idée : les sodas et les jus de fruits sont beaucoup trop sucrés, leur charge osmotique appelle l’eau dans l’intestin et entretient la diarrhée. Le rapport eau/sel/sucre d’un SRO n’a rien d’arbitraire. Pesez l’enfant : au-delà de 5 % du poids perdu, l’avis médical s’impose. Voir aussi nos pages gastro-entérite et diarrhée.
Sept à huit femmes enceintes sur dix passent par là, le plus souvent entre la 4e et la 16e semaine. Le terme de nausées matinales est trompeur : elles peuvent durer toute la journée, et l’estomac vide les aggrave presque toujours.
Ce qui aide vraiment : fractionner les prises, grignoter quelque chose de sec avant même de se lever, écarter les odeurs qui déclenchent, boire en dehors des repas. Le gingembre, autour d’un gramme par jour, est le seul complément dont l’effet sur ces nausées a été retrouvé dans plusieurs essais cliniques. La vitamine B6 est également utilisée dans cette indication.
L’hyperemèse gravidique, elle, ne se traite pas à l’officine. Vomissements incoercibles, plus de 5 % du poids perdu, impossibilité de garder la moindre gorgée : c’est une prise en charge hospitalière, et il ne faut pas laisser passer les jours. Pour toute question sur un médicament pendant la grossesse, le CRAT reste la référence à consulter. Notre page dédiée : nausées et vomissements de la femme enceinte.
Certains vomissements ne sont pas un problème digestif. Consultez sans tarder devant :
Non, si vous les laissez fondre sous la langue sans les avaler. L’absorption se fait par la muqueuse buccale. Quand même la bouche ne supporte rien, dissolvez les granules dans un fond d’eau et sirotez cette eau par petites gorgées tout au long de la journée.
Jamais. Provoquer le vomissement expose à un second passage du produit et à un risque d’inhalation. Appelez immédiatement un centre antipoison, qui vous dira quoi faire selon le produit et la quantité.
Sur une nausée aiguë, les prises sont rapprochées, toutes les quinze à trente minutes, puis on espace dès l’amélioration. Si rien ne bouge après deux heures de prises bien conduites, la souche choisie n’est probablement pas la bonne : reprenez le tableau ci-dessus.
Il n’y a pas d’interaction à craindre. Sachez toutefois que les deux antiémétiques les plus connus du public ont vu leurs conditions d’emploi nettement restreintes : le métoclopramide est réservé à l’adulte pour cinq jours au maximum, et la dompéridone est limitée en dose et en durée pour des raisons cardiaques. Ni l’un ni l’autre ne s’utilise en automédication prolongée.
Le reflux et la gastrite arrivent en tête, souvent avec un goût acide au réveil. Une hypoglycémie de fin de nuit, l’alcool de la veille ou certains médicaments pris à jeun donnent le même tableau. Si cela se répète chaque matin depuis plus de deux semaines, parlez-en à votre médecin plutôt que de traiter le symptôme. Voir notre page reflux gastrique.
Le principe est différent puisqu’il s’agit d’un conflit entre l’oreille interne et la vue, et que le traitement se prend avant le départ. Nous lui consacrons une page entière : homéopathie et mal des transports.
Nos rayons associés : souches nausées et vomissements et estomac.
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