Par Hélène Gaillard, pharmacienne
La migraine n’est pas qu’un simple mal de tête !
La migraine est une affection médicale courante qui touche des millions de personnes dans le monde. Elle se caractérise par de violents maux de tête, des nausées et une sensibilité à la lumière et au son. En effet, sur le plan clinique, la migraine se manifeste par d’intenses maux de tête dits « pulsatiles » à l’image des battements du cœur et le plus souvent que d’un seul côté du crâne. Chaque crise migraineuse peut durer de quelques heures à plus de 2 jours.
Ces crises s’accentuent en présence de bruit et/ou de lumière et peuvent s’accompagner de nausées. Plusieurs millions de Français seraient concernés par la migraine avec une nette prédominance pour les femmes. Cette maladie a un fort retentissement sur la qualité de vie et il n’existe à ce jour aucun traitement curatif efficace sur le long terme. Cependant, des facteurs déclencheurs de crises ont pu être identifiés tels que l’alimentation, l’alcool et le stress.
Ainsi, l’hygiène de vie est un paramètre déterminant pour réduire la survenue de migraines. En cas de mal de tête d’apparition brutal accompagné ou non de troubles visuels, de raideur dans la nuque ou d’une perte d’équilibre, il est impératif de consulter un médecin sans délai. L’homéopathie peut contribuer à soulager les crises de migraines et les remèdes doivent être pris le plus tôt possible, tout comme pour les traitements allopathiques.
Cyclamen europaeum 4 CH : 3 granules toutes les 10 minutes jusqu’à cessation de la crise. Sinon
En cas de migraine ophtalmique : Causticum 5 CH + Gelsemium 5 CH : 3 granules de chaque 3 à 4 fois par jour.
C'est le cercle vicieux le plus fréquent et le moins connu du sujet. Prendre un antalgique plus de dix à quinze jours par mois, régulièrement, finit par entretenir le mal de tête au lieu de le soulager. On appelle cela la céphalée par abus médicamenteux.
Le tableau est reconnaissable : un mal de tête quasi quotidien, présent dès le réveil, chez quelqu'un qui a une boîte d'antalgiques toujours sur lui et qui prend un comprimé « avant que ça monte ». La douleur revient dès que l'effet retombe, ce qui pousse à en reprendre.
La sortie existe, mais elle passe par un sevrage encadré par un médecin, avec quelques jours difficiles. Si vous vous reconnaissez, comptez vos prises sur un mois avant de lire la suite : c'est souvent le chiffre qui déclenche la prise de conscience.
| Céphalée de tension | Migraine | |
|---|---|---|
| Où | Les deux côtés, en casque ou en étau | Souvent un seul côté |
| Comment | Serrement, pression continue | Pulsatile, ça bat |
| À l'effort | Inchangée, monter un escalier ne change rien | Aggravée, on cherche à ne plus bouger |
| Autour | Rien de particulier | Nausée, gêne à la lumière et au bruit |
Si vous cochez la colonne de droite, allez plutôt voir notre page migraine et homéopathie, qui traite la crise migraineuse, la migraine ophtalmique et la migraine hormonale.
| Remède | Ce qui oriente vers lui |
|---|---|
| Gelsemium sempervirens 9 CH | Mal de tête en casque partant de la nuque, avec lourdeur des paupières, après une contrariété ou une appréhension. Amélioré en urinant. |
| Nux vomica 9 CH | Suites d'excès, alcool, repas trop riche, café, manque de sommeil. Réveil difficile, irritabilité. |
| Bryonia alba 9 CH | Douleur frontale aggravée par le moindre mouvement, même celui des yeux. On veut rester immobile dans le noir. Soif importante. |
| Belladonna 9 CH | Début brutal, tête chaude et rouge, douleur battante, aggravée par la lumière et le bruit, après une exposition au soleil. |
| Actaea racemosa 9 CH | Douleur de la nuque et des trapèzes qui remonte vers la tête, chez quelqu'un de contracté. Fréquent en période de règles. |
| Natrum muriaticum 9 CH | Mal de tête qui débute le matin et culmine à midi, chez un terrain qui garde tout pour soi. |
Bryonia et Gelsemium couvrent l'essentiel : le premier quand bouger aggrave, le second quand la nuque tire et que la tête est lourde.
Selon le contexte, voyez aussi le rayon mal de tête et migraine, le stress, la fatigue oculaire, la sinusite si la douleur augmente en penchant la tête, et la tension nerveuse.
| Signe | Conduite |
|---|---|
| Douleur explosive, maximale en moins d'une minute | Appel du 15. C'est la céphalée en coup de tonnerre, elle s'explore toujours. |
| Mal de tête avec fièvre et raideur de la nuque | Appel du 15 |
| Trouble de la parole, faiblesse d'un côté, déformation du visage | Appel du 15 |
| Mal de tête après un choc à la tête, même différé | Consultation le jour même |
| Premier mal de tête sévère après 50 ans | Consultation rapide |
| Douleur de la tempe avec douleur en mâchant, chez une personne âgée | Consultation urgente, piste de maladie de Horton |
| Mal de tête qui s'aggrave en toussant, en se penchant, ou qui réveille la nuit | Consultation |
| Mal de tête chez une femme enceinte avec troubles visuels ou œdème | Maternité sans délai |
Le seuil d'alerte se situe autour de dix jours par mois pour les antalgiques associés et les triptans, quinze jours pour le paracétamol seul. Au-delà, sur plusieurs mois, le risque de céphalée par abus devient réel. Tenez un calendrier, c'est le meilleur outil de ce sujet.
Les deux, selon le contexte. Une tasse peut soulager une céphalée ponctuelle, et la caféine est d'ailleurs associée à certains antalgiques. Mais une consommation quotidienne élevée crée une dépendance dont le sevrage déclenche des maux de tête. Si vous avez mal le week-end, vous tenez votre réponse.
Sur une céphalée ponctuelle, quelques heures. Sur des maux de tête récurrents, comptez quatre à six semaines de traitement de fond régulier, en parallèle du travail sur les déclencheurs. Un agenda des crises rend le suivi bien plus lisible.
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