Origine
Avena sativa L., l'avoine cultivée, famille des Poacées. La monographie de la Pharmacopée française pour préparations homéopathiques (2008) définit la souche à partir des
parties aériennes fleuries fraîches, teinture mère à l'éthanol 45 pour cent en volume, résidu sec d'au moins 1,0 pour cent. Elle impose un titrage sur marqueur, ce qui reste peu fréquent pour une souche végétale :
au moins 0,015 pour cent d'acide trans-aconitique, dosé par chromatographie liquide.
Ce que dit la réglementation
L'avoine dispose de
deux monographies européennes distinctes, qui ne portent ni sur la même partie de plante ni sur la même voie.
| Drogue | Indication reconnue | Voie |
| Partie aérienne (Avenae herba) | soulagement des symptômes légers du stress mental et aide au sommeil | orale |
| Fruit (Avenae fructus) | inflammations cutanées mineures, coup de soleil compris, et aide à la cicatrisation des plaies mineures | cutanée uniquement |
Les deux relèvent de l'usage traditionnel. La
paille d'avoine, que l'on voit souvent citée, n'a quant à elle aucune monographie européenne. L'ANSM inscrit l'avoine à la liste A pour sa partie aérienne et pour son fruit, jamais pour la paille.
Trois avoines, et une confusion qui coûte cher
La teinture mère ne contient pas de bêta-glucanes. C'est la confusion la plus fréquente, et elle est facile à lever. Les bêta-glucanes sont dans le
son et le gruau, c'est-à-dire dans le grain, pas dans les sommités fleuries dont on fait la souche. L'allégation santé européenne qui les concerne, autorisée par règlement, porte sur la baisse du cholestérol sanguin et exige
3 grammes par jour avec au moins 1 gramme par portion. Rien de cela ne se transpose à quelques gouttes de teinture mère. Une teinture mère d'avoine ne fait pas baisser le cholestérol, et nous ne le laisserons pas croire.
Même plante, trois stades de récolte selon le référentiel. La monographie française impose les sommités
fleuries fraîches. La monographie européenne définit la substance comme les parties aériennes
séchées, récoltées avant floraison, tandis que l'extrait liquide qu'elle décrit part de parties aériennes fraîches récoltées
pendant la floraison. Trois définitions pour une même espèce : les données d'efficacité du dossier européen ne se transposent donc pas mécaniquement à la souche.
Le gluten. L'avoine ne contient pas les prolamines du blé, mais une protéine qui lui est propre, l'
avénine. Le règlement européen l'admet dans les produits « sans gluten » à double condition : une avoine spécialement produite et transformée pour éviter la contamination par le blé, le seigle ou l'orge, et une teneur en gluten inférieure ou égale à 20 mg par kilo. Le problème est donc la contamination croisée à la culture et au moulin, pas l'avoine elle-même. Sur une teinture mère hydroalcoolique de sommités fleuries, la question devient largement théorique, mais elle mérite d'être posée si vous êtes cœliaque.
Comment l'utiliser
En gouttes diluées dans un peu d'eau, en fin de journée et le soir pour l'aide au sommeil, ou réparties dans la journée pour une nervosité de fond. L'avoine est une plante de
terrain nerveux fatigué plutôt que de crise : elle se marie bien avec la
passiflore ou l'
eschscholtzia. Deux plantes suffisent.
Précautions
Contre-indiquée en cas d'hypersensibilité aux espèces
Avena. Usage
non recommandé avant 12 ans. Non recommandé pendant la grossesse et l'allaitement, la sécurité n'étant pas établie.
Durée maximale de deux semaines selon la monographie européenne. L'association à un sédatif de synthèse n'est pas recommandée sans avis médical, et l'aptitude à conduire peut être modifiée. Chez la personne cœliaque, prudence : la teneur protéique résiduelle n'est généralement pas documentée sur ce type de préparation.
Quand consulter plutôt que traiter soi-même
Une insomnie qui dépasse
trois semaines, un réveil systématique en deuxième partie de nuit avec ruminations, une fatigue qui ne cède pas au repos, une anxiété qui empêche de travailler. Et tout trouble du sommeil apparu en même temps qu'un nouveau traitement : c'est souvent le médicament qu'il faut regarder d'abord, pas la plante à ajouter.
Sources
EMA/HMPC, monographies européennes
Avenae herba et
Avenae fructus, 4 septembre 2008 · Pharmacopée française,
Avena sativa pour préparations homéopathiques, 2008 · ANSM, liste A des plantes médicinales · Règlement (UE) n° 1160/2011 sur l'allégation bêta-glucanes d'avoine · Règlement d'exécution (UE) n° 828/2014 sur la mention « sans gluten ».