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17 septembre 2021La méthode de fabrication des remèdes homéopathiques a été mise au point par Samuel Hahnemann (1755-1843), médecin allemand reconnu comme étant le père fondateur de l’homéopathie. Les travaux et expérimentations qu’il a mené à partir de 1790 lui ont permis d’établir les grands principes de l’homéopathie, ainsi qu’une méthodologie pour l’élaboration des remèdes.
Plus de deux siècles après, bien que les techniques se soient modernisées, la méthode décrite par Hahnemann sert de référence au sein des unités de production des médicaments homéopathiques.
Point de départ : la teinture-mère et ses principes actifs
Tout le processus de fabrication débute avec une teinture-mère. Il s’agit d’une solution à forte teneur alcoolique qui renferme les principes actifs issus de la matière première choisie. Cette matière première correspond à ce que l’on appelle la « souche homéopathique » et elle est désignée traditionnellement par son appellation latine (par exemple nux vomica pour la noix vomique ou bien arnica montana pour l’arnica des montagnes).
| Origine des souches homéopathiques | Pourcentage |
| Végétale | 45% |
| Chimique ou minérale | 37% |
| Animale | 16% |
| Mycètes (champignons) | 2% |
Environ 3000 souches homéopathiques sont répertoriées à ce jour et la majorité provient des plantes. A chaque souche correspond une teinture-mère. Cette dernière est soumise à un contrôle qualité permettant d’en vérifier la conformité.
Une question de dilution
La teinture-mère passe par une série de dilutions successives permettant d’obtenir des solutions filles de concentrations différentes (cf schéma ci-dessous). Il s’agit, soit de dilutions au dixième (DH pour décimale hahnemannienne) soit au centième (CH pour centésimale Hahnemannienne).
Pour obtenir la solution 1 CH, il faut prélever 1 volume de teinture-mère que l’on dilue dans 99 volumes de solvant (un mélange d’eau et d’alcool). L’étape se répète à partir de la solution 1 CH pour obtenir la solution 2 CH et ainsi de suite. Il en résulte une trentaine de dilutions homéopathiques, allant jusqu’à la 30 CH. Pour rappel, les dilutions les plus courantes en France sont :
- 4 CH et 5 CH (les basses dilutions),
- 7 CH et 9 CH (les moyennes dilutions),
- 12 CH, 15 CH et 30 CH (les hautes dilutions).
La dynamisation
Autrefois réalisée manuellement, l’opération de dynamisation est de nos jours effectuée à l’aide d’une machine, ce qui permet d’en garantir la parfaite reproductibilité. Elle consiste à secouer vigoureusement (au moins une centaine de fois) la préparation. Cette opération est répétée rigoureusement après chaque dilution et constitue une étape essentielle du processus de fabrication du médicament homéopathique car elle entraine des modifications dans la structure physique du remède.
Le choix de la forme galénique
Les médicaments homéopathiques peuvent se présenter sous plusieurs formes galéniques différentes (tube granules, dose, gouttes buvables, pommade, suppositoire, trituration, ovule etc…) et bien évidemment chacune de ces formes possède un mode de préparation qui lui est propre. Les formes galéniques les plus célèbres et les plus courantes sont les tubes granules et les doses. Les tubes comportent en moyenne 70 à 75 granules tandis que les doses contiennent quant à elles environ 200 globules.
Si l’on souhaite produire un tube granules d’arnica montana en 9 CH :
- il faut diluer la teinture-mère d’arnica montana au centième neuf fois successivement (avec dynamisation à chaque fois),
- puis imprégner des granules avec la dilution en 9 CH obtenue,
- laisser sécher et,
- enfin conditionner dans un tube prévu à cet effet.
En pratique, les fabricants constituent dans un premier temps une diluthèque homéopathique, c’est-à-dire une réserve de souches avec leurs différentes dilutions préparées à l’avance. De cette façon, lorsqu’ils souhaitent produire un remède, ils n’ont pas nécessairement besoin d’effectuer toutes les étapes de dilutions et dynamisations. Ils peuvent tout simplement se servir dans leur collection de souches et opérer uniquement les dernières phases du processus.
Les Bonnes Pratiques de Préparation
Avant l’ère industrielle, tous les médicaments étaient préparés au sein des pharmacies. Bien que ce ne soit aujourd’hui plus le cas, la préparation des médicaments homéopathiques est toutefois restée une tradition dans les officines spécialisées. Cette activité répond à un cahier des charges stricts appelé BPP (Bonnes Pratiques de Préparation) à l’instar des BPF (Bonnes Pratiques de Fabrication) qui s’appliquent à l’industrie pharmaceutique. La conformité aux BPP garantit ainsi la qualité, l’innocuité et la traçabilité des remèdes homéopathiques préparés en officine.
Sources :
- Le dictionnaire de l’homéopathie, Dr Daniel Scimeca, éditions Alpen.
- Homéopathie – Le livre pour se soigner au naturel, Dr Martine Gardenal, éditions Guy Trédaniel.
- Ma bible de l’homéopathie, Dr Albert Claude Quemoun, éditions Leduc.s.
- Le guide de l’homéopathie, Dr Bernard Chemouny, éditions Odile Jacob.





