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Sur votre ordonnance, il y a un nombre et deux lettres. 9 CH, 5 DH, 200 K. Ces sigles ne décrivent pas une puissance ni un dosage au sens habituel : ils décrivent une méthode de préparation et un nombre d’étapes. Voici comment les lire, et surtout comment ne pas se tromper en rachetant un tube.
CH, DH, K : la différence en trois phrases
DH, décimale hahnemannienne. Une partie de souche pour neuf parties de véhicule, à chaque étape. Vous la verrez aussi notée D ou X. Une 3 DH a subi trois de ces opérations.
CH, centésimale hahnemannienne. Une partie de souche pour quatre-vingt-dix-neuf parties de véhicule. Notée C ou CH. C’est la plus répandue en France. La méthode s’appelle aussi méthode des flacons séparés, parce qu’on change de flacon à chaque étape, et elle est définie par la Pharmacopée française depuis 1965.
K, korsakovienne. Le principe change. On utilise un seul flacon du début à la fin. Le texte officiel de l’autorité française de pharmacopée le décrit ainsi : le flacon est dynamisé puis vidangé, de sorte qu’une partie de la dilution reste sur les parois, et on le remplit à nouveau. On recommence autant de fois que nécessaire. Le véhicule est généralement l’eau purifiée.
Entre chaque étape, il y a une dynamisation, une agitation standardisée. C’est elle qui distingue une dilution homéopathique d’une simple dilution. En savoir plus sur la méthode hahnemannienne.
Les dilutions korsakoviennes s’écrivent 30 K, 200 K, puis 1 000 K ou MK, 10 000 K ou XMK, 50 000 K ou LMK, et 100 000 K ou CMK. Dans les deux systèmes, plus le chiffre est élevé, plus la teinture mère de départ a été diluée.
Pourquoi votre tube est de cette couleur
Le code couleur n’a rien de réglementaire, c’est une convention de fabricant qui rend le rangement plus rapide. Sept hauteurs de dilution portent chacune leur couleur : 4 CH, 5 CH, 7 CH, 9 CH, 12 CH, 15 CH et 30 CH. Utile au comptoir, pratique chez vous, mais ne vous fiez jamais à la couleur seule pour racheter : lisez l’étiquette. Deux souches différentes en 9 CH portent la même couleur.
Quelle dilution pour quoi
Nous allons être précis sur le statut de ce qui suit, parce que ça compte. Un médicament homéopathique à nom commun est enregistré sans indication thérapeutique : la loi interdit d’en faire figurer une sur l’étiquetage, et aucune posologie officielle ne lui est attribuée. Ce que nous décrivons ici relève donc de la pratique homéopathique et de notre expérience de comptoir, pas d’un libellé officiel.
La règle d’usage la plus courante, celle que suivent la plupart des prescripteurs :
- Dilutions basses, 4 à 5 CH : les manifestations locales et récentes, sur un symptôme précis et visible.
- Dilutions moyennes, 7 à 9 CH : les troubles fonctionnels, quand le symptôme s’accompagne d’un contexte plus large.
- Dilutions hautes, 15 à 30 CH et au-delà : le terrain, les tableaux qui se répètent, les prises espacées.
Sur le rythme, l’usage veut que plus la dilution est basse, plus les prises sont rapprochées. Une dilution haute se prend au contraire de façon espacée. Le tube de granules sert aux prises répétées, la dose de globules à une prise unique, hebdomadaire ou bimensuelle. La quantité habituelle est de 2 à 5 granules, deux à trois fois par jour. Tubes et doses : comment les utiliser.
Le point qui compte davantage que tout ce qui précède : reprenez exactement ce qui est écrit sur votre ordonnance. Une même souche en 9 CH et en 9 DH n’est pas le même médicament, et nous ne substituons pas une dilution par une autre de notre propre initiative.
Le plafond légal, et ce qu’il implique
L’article L5121-13 du code de la santé publique encadre l’enregistrement de ces médicaments par trois conditions cumulatives : administration par voie orale ou externe, absence d’indication thérapeutique sur l’étiquetage, et un degré de dilution garantissant l’innocuité. Ce dernier point est chiffré : le médicament ne peut contenir ni plus d’une partie pour 10 000 de la teinture mère, ni plus d’un centième de la plus petite dose utilisée en allopathie pour les substances qui exigent une ordonnance.
Faites le calcul : une partie pour 10 000, c’est 10-4, soit exactement 4 DH ou 2 CH. C’est pourquoi vous ne trouverez jamais de dilution plus basse que la 2 CH en pharmacie française. Le seuil légal et la borne basse du marché coïncident.
Remboursement : la situation actuelle, sans détour
Beaucoup de patients arrivent encore au comptoir avec leur carte Vitale. L’homéopathie n’est plus remboursée par l’Assurance Maladie depuis le 1er janvier 2021, après un passage de 30 % à 15 % au 1er janvier 2020.
La décision a suivi un avis de la Commission de la transparence de la Haute Autorité de santé, adopté en séance plénière du 26 juin 2019. L’évaluation portait sur environ 1 200 médicaments homéopathiques et 24 affections, avec l’analyse de plus de mille publications. Sa conclusion, que nous citons telle quelle : ces médicaments n’ont pas démontré scientifiquement une efficacité suffisante pour justifier d’un remboursement.
Nous vendons de l’homéopathie depuis 1947 et nous préférons vous donner ce fait plutôt que vous laisser le découvrir ailleurs. Ce qu’il change concrètement : le prix est libre, donc variable d’une pharmacie à l’autre, et votre mutuelle peut prendre en charge une partie de la dépense au titre des médecines douces. Demandez-nous une facture détaillée. Ce qu’il ne change pas : une ordonnance reste utile, parce qu’elle fixe la souche, la dilution et le rythme, et parce qu’elle garde la trace de ce que vous prenez.
Et une position que nous tenons : l’homéopathie ne remplace pas un traitement nécessaire. Devant une fièvre chez un nourrisson, une douleur thoracique, un essoufflement ou un saignement, nous vous orientons vers un médecin.
Les questions qu’on nous pose souvent
CH ou K, laquelle est la plus forte ?
La question ne se pose pas dans ces termes, parce que ce sont deux méthodes de préparation et non deux intensités comparables. Une 200 K et une 30 CH ne se convertissent pas l’une en l’autre. Suivez l’ordonnance.
Peut-on remplacer une 9 CH par deux prises de 5 CH ?
Non. La hauteur de dilution ne s’additionne pas et ne se compense pas par la fréquence. Si la dilution prescrite n’est pas disponible, nous la commandons ou nous appelons le prescripteur.
Faut-il prendre les granules à jeun ?
En dehors des repas, en les laissant fondre sous la langue, et à distance des produits fortement mentholés ou camphrés. Évitez de les toucher avec les doigts, utilisez le bouchon doseur.
Jusqu’à quelle dilution peut-on aller en France ?
Les enregistrements courants vont jusqu’à la 30 CH, ou la 60 DH, pour les souches en nom commun, et les korsakoviennes montent bien plus haut. Le plafond bas, lui, est fixé par la loi à 2 CH.
Une dilution haute est-elle plus risquée ?
C’est l’inverse de l’intuition : plus la dilution est haute, moins il reste de substance de départ. Le point de vigilance concret sur les granules n’est pas la souche mais les excipients, saccharose et lactose, à signaler en cas d’intolérance au fructose, de malabsorption du glucose-galactose ou de déficit en sucrase-isomaltase.
À lire également
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- La préparation homéopathique selon la méthode Hahnemann
- L’homéopathie de A à Z, les principales souches, mise à jour régulière
Article rédigé par Hélène Gaillard, pharmacienne à la Pharmacie Homéopathique Centrale, spécialisée en homéopathie et préparations magistrales depuis 1947. Mise à jour : août 2026. Sources : ANSM et Pharmacopée française (préparations homéopathiques, précisions complémentaires de l’autorité française de pharmacopée), articles L5121-13 et R5121-146 du code de la santé publique, avis de la Commission de la transparence de la Haute Autorité de santé du 26 juin 2019, arrêté du 4 octobre 2019, décision UNCAM du 27 novembre 2019.



