Par Hélène Gaillard, pharmacienne
Vous souffrez fréquemment de maux de ventre avec des ballonnements ? Peut-être avez-vous également constaté une alternance entre diarrhée et constipation ? Ces symptômes s’accompagnent-ils parfois de fatigue, de maux de tête, de nausées ou de palpitations ?
Comme un quart de la population, vous souffrez probablement d’une colopathie fonctionnelle, aussi appelée syndrome du côlon irritable. Les douleurs surviennent généralement après les repas. Ces douleurs, plus ou moins intenses sont la plupart du temps soulagées par l’émission de gaz ou de selles. Mais ces douleurs, ces spasmes et cet inconfort vous pourrissent la vie. La colopathie fonctionnelle peut avoir différentes origines. Elle peut être favorisée par le stress, les émotions ou encore l’alimentation : excès de laitages, de sucres ou d’aliments qui fermentent tels que le chou ou les haricots.
Quelques consignes hygiéno-diététiques permettent d’améliorer la situation. En effet, il convient de bien choisir ses aliments, de manger lentement et de pratiquer régulièrement une activité physique. Dans tous les cas, il est bon de consulter votre médecin, tout particulièrement si vous ressentez soudainement des douleurs vives, ou si vous constatez la présence de saignements.
En cas de maux de ventre avec des spasmes (contractions douloureuses), associer les médicaments homéopathiques suivants, 3 granules de chaque 3 fois par jour, à espacer dès amélioration :
En cas de douleurs au ventre avec des épisodes de diarrhée :
En cas de ballonnements, prendre :
Ajouter Nux vomica 7 CH, 5 granules matin et soir si vous avez abusé d’un repas trop riche.
C'est le critère le plus discriminant du mal de ventre, et il ne coûte rien à observer. Quand la douleur arrive, que faites-vous spontanément ?
| Ce qui vous soulage | Le remède |
|---|---|
| Vous plier en deux, appuyer fort sur le ventre, poser un poing dessus | Colocynthis 9 CH, la crampe classique |
| La chaleur, une bouillotte, et le fait de vous plier | Magnesia phosphorica 9 CH, douleur spasmodique |
| Vous cambrer en arrière, vous étirer | Dioscorea villosa 9 CH, l'inverse de Colocynthis |
| Le froid, l'immobilité complète | Bryonia alba 9 CH, le moindre mouvement fait mal |
| Rien, avec agitation et anxiété, brûlures | Arsenicum album 9 CH |
| Aller à la selle, mais le soulagement est incomplet | Nux vomica 9 CH |
Colocynthis et Dioscorea sont exactement opposés, et c'est ce qui rend le tri facile : celui qui se plie n'est pas celui qui se cambre.
Longtemps, on posait ce diagnostic par défaut, après avoir tout écarté. Ce n'est plus le cas : il repose sur des critères positifs, une douleur abdominale récurrente associée à la défécation ou à un changement de fréquence ou d'aspect des selles, sur au moins trois mois.
Cela change deux choses en pratique. Le diagnostic peut être posé sans batterie d'examens quand le tableau est typique et qu'aucun signe d'alarme n'est présent. Et surtout, ce n'est pas « dans la tête » : il s'agit d'un trouble de la communication entre l'intestin et le cerveau, avec une hypersensibilité viscérale mesurable. Beaucoup de patients passent des années à s'entendre dire que tout est normal, ce qui est vrai sur les examens et faux sur le vécu.
C'est l'une des interventions les mieux documentées dans le syndrome de l'intestin irritable, avec un effet antispasmodique sur le muscle lisse intestinal.
Une condition, et elle est déterminante : elle doit être prise sous forme de capsules gastro-résistantes, conçues pour ne se libérer que dans l'intestin. Avalée autrement, la menthe poivrée relâche le sphincter de l'œsophage et provoque ou aggrave un reflux, ce qui explique bien des essais décevants.
Elle se prend une demi-heure avant les repas, sur deux à quatre semaines. Contre-indications : grossesse, allaitement, enfant, reflux sévère et calculs biliaires.
Voyez aussi les troubles digestifs, la digestion difficile, la constipation et la gastro-entérite si l'épisode est aigu.
| Signe | Conduite |
|---|---|
| Douleur brutale et intense, ventre dur comme du bois | Urgences |
| Douleur de la fosse iliaque droite avec fièvre et nausées | Urgences, piste d'appendicite |
| Arrêt des gaz et des selles avec vomissements | Urgences, piste d'occlusion |
| Sang dans les selles, selles noires | Consultation rapide |
| Amaigrissement involontaire, fièvre, anémie | Consultation |
| Douleurs qui réveillent la nuit | Consultation, le syndrome de l'intestin irritable ne réveille pas |
| Premiers symptômes après 50 ans | Consultation, coloscopie à discuter |
| Antécédent familial de cancer colorectal ou de maladie inflammatoire | Consultation |
Le repère le plus simple : un trouble fonctionnel laisse dormir. Une douleur qui réveille la nuit s'explore.
Oui, et le mécanisme est physiologique, pas imaginaire. L'intestin possède son propre réseau de neurones, en dialogue permanent avec le cerveau. Le stress modifie la motricité intestinale et abaisse le seuil de perception de la douleur. Dire que c'est le stress ne veut pas dire que la douleur est inventée.
Pas systématiquement. Devant un tableau typique, chez une personne jeune et sans signe d'alarme, le diagnostic se pose cliniquement. Elle devient nécessaire en cas de signe d'alarme, après 50 ans, ou en cas d'antécédent familial. C'est le médecin qui tranche.
Quelques minutes à quelques heures pour un antispasmodique sur une crise. Deux à quatre semaines pour la menthe poivrée en capsules et les fibres solubles. Six à huit semaines pour un traitement de fond homéopathique. Ce syndrome évolue par périodes, ce qui rend l'évaluation plus juste sur plusieurs semaines que sur quelques jours.
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