
Le kéfir : plus qu’un simple probiotique ?
20 mai 2026Dans le parcours de soins en oncologie, le recours aux produits de santé naturels est une pratique courante dont les équipes médicales ne sont, bien souvent, pas informées. Or, malgré leur origine naturelle et leur accessibilité sans ordonnance, ces produits peuvent présenter des contre-indications, des interactions médicamenteuses ou des effets indésirables notables.
Ainsi, bien que motivée par une volonté de renforcer l’organisme ou d’améliorer le bien-être, toute supplémentation doit être portée à la connaissance des soignants, car elle exige une compréhension précise des mécanismes biologiques sous-jacents, afin de ne pas compromettre l’efficacité thérapeutique ou d’aggraver l’état du patient. D’ailleurs, il faut garder à l’esprit que pour bon nombre de compléments alimentaires, les données scientifiques disponibles se révèlent insuffisantes pour garantir une sécurité d’emploi totale. Dès lors, l’application du principe de précaution doit prévaloir.
Face à l’importance et à la complexité du sujet, nous avons souhaité, à travers cet article, rappeler les exemples les mieux connus de substances à éviter ainsi que celles généralement considérées comme sûres.
I. Des produits formellement contre-indiqués
Certaines substances naturelles, par leur structure chimique, peuvent interférer directement avec la pathologie ou le métabolisme des médicaments.
Les produits à activité hormonale
Les plantes et substances ayant des propriétés hormonales, notamment le soja, le trèfle rouge, l’alfalfa, la sauge et la gelée royale font l’objet d’une contre-indication stricte en cas de cancers hormono-dépendants (sein, prostate, endomètre) car ces substances pourraient stimuler la croissance des cellules tumorales.
Le millepertuis : un obstacle à l’efficacité
Le millepertuis est une plante dont l’usage est formellement proscrit lors de nombreux protocoles de chimiothérapie ou de thérapies ciblées. Il active des enzymes hépatiques responsables de la dégradation des médicaments.
En accélérant l’élimination des molécules actives, il réduit leur concentration dans le sang, rendant le traitement moins efficace voire totalement inefficace.
II. Des produits déconseillés
Au-delà des contre-indications formelles, certains compléments alimentaires demandent une prudence extrême en raison de leur mode d’action :
Le paradoxe des antioxydants
Les vitamines A, C, E, les caroténoïdes, le coenzyme Q10 ou les polyphénols concentrés (curcumine, resvératrol) sont souvent perçus comme bénéfiques. Pourtant, leur usage à hautes doses est déconseillé pendant la chimiothérapie ou la radiothérapie.
Ces thérapies agissent souvent en générant un stress oxydatif (radicaux libres) pour détruire les cellules cancéreuses. Or, en neutralisant ces radicaux libres, les antioxydants pourraient protéger non seulement les cellules saines, mais aussi les cellules tumorales, diminuant ainsi l’efficacité du traitement. Néanmoins, en cas de carence avérée, en particulier en vitamines, votre médecin pourra vous prescrire une supplémentation adaptée, dont il aura soigneusement calibré la posologie.
Nutriments et division cellulaire
L’apport de fer, de vitamine B12 ou de vitamine B9 en l’absence de carence documentée est sujet à caution. Ces éléments participent à la synthèse de l’ADN et à la division cellulaire. À des doses supra-physiologiques, ils pourraient favoriser la prolifération des cellules malignes ou modifier le microenvironnement de la tumeur. Là encore, en situation de carence, votre médecin pourra vous en prescrire, les bénéfices surpassant les risques.
Le cas du pamplemousse
Le pamplemousse est reconnu pour ses interactions majeures avec de nombreux traitements médicamenteux. En cause : les furanocoumarines, des composés naturels présents dans le fruit qui bloquent l’élimination des médicaments, augmentant ainsi brutalement leur concentration dans le sang. Ce phénomène peut accroître la fréquence et la gravité des effets indésirables. Par mesure de sécurité, il est donc recommandé de s’abstenir de consommer du pamplemousse, pendant toute la durée d’un traitement anticancéreux. Même remarque concernant ses dérivés (huile essentielle, extrait de pépins, jus, etc.) qui peuvent poser les mêmes problèmes d’interactions que le fruit lui-même, voire davantage, car ils sont souvent plus concentrés et moins prévisibles.
Le cas du curcuma
Outre la problématique évoquée précédemment et associée aux effets antioxydants du curcuma, plusieurs études montrent des interactions potentielles entre la curcumine et des traitements anticancéreux. Selon les cas, leur efficacité ou leur sécurité pourrait être altérée. Ainsi, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire Alimentation Environnement Travail) déconseille la consommation de compléments alimentaires contenant du curcuma lors des traitements anticancéreux.
III. Les compléments généralement autorisés (avec avis médical)
A l’inverse, certaines substances sont généralement considérées comme sûres à condition de les utiliser correctement et peuvent même s’avérer utiles pour contribuer au bien-être et réduire certains effets indésirables :
Cas de l’Homéopathie
Bien qu’ils ne soient pas des compléments alimentaires, mais bien des médicaments à part entière, les remèdes homéopathiques sont accessibles sans ordonnance et sont largement utilisés comme soins de support. L’homéopathie bénéficie le plus souvent d’une bonne acceptation par la communauté médicale.
Ses principaux atouts résident dans son excellente tolérance et dans l’absence d’interactions avec les traitements conventionnels. Attention toutefois, les teintures mères (et autres formes concentrées) sont à exclure de ces généralités et nécessitent une évaluation au cas par cas avec la plus grande prudence.
Le gingembre
Le gingembre est fréquemment cité dans la littérature scientifique pour sa capacité à soulager les symptômes nauséeux associés aux protocoles de chimiothérapie. On considère généralement qu’une dose quotidienne allant jusqu’à 4 g de gingembre est sûre pour la majorité des patients. Cependant, le gingembre est soumis à des précaution d’emploi et peut être déconseillé chez certaines personnes, en raison d’effets secondaires éventuels (risque de saignement, effet hypoglycémiant, risque d’obstruction des voies biliaires) et d’interactions théoriques avec certains médicaments.
Les probiotiques
Les probiotiques sont également le plus souvent considérés comme sûrs et peuvent être employés pour soutenir le microbiote, réduire les complications infectieuses postopératoires, et atténuer les risques de diarrhées secondaires à la chimiothérapie ou la radiothérapie pelvienne. Néanmoins, il est préférable d’éviter la prise de probiotiques en cas d’aplasie médullaire.
La vitamine D3
Bien tolérée aux doses usuelles, la vitamine D3 est fréquemment prescrite (sous forme médicamenteuse) pour prévenir ou corriger une carence, laquelle pourrait s’avérer d’autant plus délétère dans un contexte de cancer. Son utilisation demeure encadrée et une vigilance particulière est de mise en cas de pathologies rénales, cardiaques, ou de troubles du métabolisme calcique.
Les Denrées Alimentaires Destinées à des Fins Médicales Spéciales (DADFMS)
Les produits comme Fortimel, Clinutren, Delical ou encore Renutryl n’appartiennent pas à la catégorie des compléments alimentaires, ni à celle des médicaments. Ce sont des DADFMS (Denrées Alimentaires Destinées à des Fins Médicales Spéciales) et les médecins en prescrivent pour éviter la dénutrition, lutter contre la perte de poids et la fonte musculaire. Ils sont composés de nutriments et ne présentent pas d’interaction médicamenteuse. Ils font partie intégrante des protocoles de soins en oncologie.
Le magnésium
Le magnésium joue un rôle biologique crucial, notamment dans la synthèse de l’ADN et la production d’énergie. Il est souvent évoqué pour contribuer au bien-être neuropsychique (fatigue, sommeil, stress et énergie). En pratique clinique, le magnésium est généralement considéré comme sûr, bien qu’une prudence particulière soit requise en cas de troubles cardiaques, rénaux ou intestinaux. Les sels de magnésium bisglycinate et glycérophosphate sont réputés pour leur bonne tolérance gastro-intestinale (la plupart des magnésiums ayant des effets laxatifs).
Notons aussi qu’une supplémentation médicamenteuse est souvent indispensable pour corriger l’hypomagnésémie fréquemment induite par des traitements tels que le cisplatine ou les anti-EGFR.
La mélatonine
La mélatonine est une hormone qui régule le cycle veille-sommeil, et son utilisation chez les patients atteints de cancer est parfois envisageable pour améliorer la qualité du sommeil. De nombreuses études soulignent son excellent profil de tolérance, y compris en contexte oncologique. Une vigilance particulière reste toutefois nécessaire dans les cancers hormono dépendants, car la mélatonine peut moduler certaines voies hormonales, notamment celles liées aux œstrogènes.
En raison de ses propriétés antioxydantes, l’équipe médicale peut également recommander une adaptation du moment de la prise selon les traitements administrés. La mélatonine peut par ailleurs interagir avec certains médicaments, en particulier les anticoagulants et la nifédipine. Enfin, son effet sédatif peut entraîner une somnolence, un élément important à considérer pour la conduite ou l’utilisation de machines.
IV. Tableau d’information sur les principaux compléments alimentaires
Pour compléter ces premiers exemples, voici un panorama plus vaste des substances fréquemment rencontrées. Nous y détaillons la conduite à tenir pour chaque produit, une approche s’appuyant rigoureusement sur les informations scientifiques actuelles, dans le respect du principe de précaution.
Important : ce tableau est un outil d’information qui ne saurait se substituer à un échange avec votre équipe médicale. Un produit généralement considéré comme sûr pourra vous être déconseillé ; à l’inverse, un produit potentiellement risqué dans certaines situations pourra vous être recommandé. Seul votre oncologue est à même d’évaluer la pertinence de ces compléments au regard de votre protocole de soins.
| Substance | Attitude recommandée |
| Actée à grappe, Cimicifuga ou Cohosh noire – Actaea racemosa, Cimicifuga racemosa | Prudence, sécurité non parfaitement établie en cas de cancer hormono-dépendant |
| Ail – Allium sativum | Prudence, généralement autorisé en tant qu’aliment mais à arrêter 7 jours avant une opération chirurgicale et déconseillé en cas de traitement par docétaxel, anticoagulant ou traitement contre le VIH |
| Alfalfa (ou Luzerne) – Medicago sativa | A éviter en cas de cancer hormono-dépendant |
| Aloe – Aloe vera | A éviter par voie orale pendant la chimiothérapie ou avant toute chirurgie et avis médical indispensable concernant l’application locale pendant la radiothérapie. |
| Amygdaline (vitamine B17) | A éviter car risque d’intoxication au cyanure |
| Bêta-glucanes | Prudence, peu de données disponibles et effet hypoglycémiant à prendre en compte |
| Calcium | Prudence, à éviter en cas d’hypercalcémie, d’insuffisance rénale, d’hypothyroïdie ou d’hépatopathie |
| Camomille – Chamaemelum nobile ou Anthemis nobilis | Prudence, à éviter en cas d’allergie aux astéracées. Interactions possibles avec les anticoagulants, les antiagrégants plaquettaires et la cyclosporine. Interaction théorique avec le CYP450 |
| Cannabis médical (statut médicament) | Actuellement en phase d’expérimentation et sous réserve d’une généralisation ultérieure. Sous encadrement médical stricte. Uniquement réservé aux symptômes rebelles en oncologie et aux situations palliatives avancées présentant un symptôme rebelle |
| CBD ou Cannabidiol | Reconnu notamment pour ses vertus anxiolytiques, sédatives et anti-inflammatoires. Prudence, uniquement sous encadrement médical car fort risque d’interaction médicamenteuse et posologie variable d’un individu à l’autre. Contre-indiqué en cas de troubles hépatiques |
| Chardon-marie – Silybum marianum (ex Carduus marianus) | Généralement considéré comme sûr et reconnu pour son effet hépatoprotecteur. Prudence, effets antioxydants pouvant théoriquement réduire l’efficacité de certains traitements. Effet œstrogénique suspecté mais non confirmé. Actions sur le CYP450 (inhibiteur faible CYP2C9 – 2C19 – 2D6 et inducteur CYP3A4) |
| Co-enzyme Q10 | Prudence, effets antioxydants pouvant réduire l’efficacité de certains traitements |
| Colostrum | Prudence, sécurité non parfaitement établie en cas de cancer hormono-dépendant |
| Curcuma – Curcuma longa | A éviter par précaution car de nombreuses interactions sont possibles (notamment tamoxifène, cyclophosphamide, épipodophyllotoxines, camptothécines, anticoagulants) |
| DADFMS (par exemple : Fortimel, Clinutren, Renutryl, Delical, etc.) | Autorisés et vivement recommandés pour éviter la perte de poids |
| Desmodium – Desmodium adscendens | Généralement considéré comme sûr et reconnu pour son effet hépatoprotecteur. Prudence, effets antioxydants pouvant réduire l’efficacité de certains traitements. Actions potentielles sur CYP2B1 – 2B2 et inhibition CYP2E |
| Echinacée(s) – Echinacea purpurea, E. angustifolia et E. pallida | Prudence, interactions avec docétaxel, tamoxifène et étoposide. Inhibiteur faible du CYP3A4 – 1A2 et substrat du P-gp |
| Extrait de pépins de raisin | Prudence, effets antioxydants pouvant réduire l’efficacité de certains traitements. Effet anticoagulant à prendre en compte |
| Fer | Prudence, peut potentiellement favoriser la prolifération des cellules cancéreuses. A éviter sauf si carence avérée |
| Gattilier – Vitex agnus-castus | Prudence, sécurité non parfaitement établie en cas de cancer hormono-dépendant |
| Gelée royale | A éviter en cas de cancer hormono-dépendant |
| Gingembre | Généralement autorisé mais avec prudence en cas de troubles de la coagulation ou de risque d’obstruction des voies biliaires. A arrêter plusieurs jours avant toute chirurgie. Effet hypoglycémiant à prendre en compte. Risques théoriques d’interactions avec tacrolimus, cyclosporine, anticoagulants et antidiabétiques |
| Ginkgo – Ginkgo biloba | Prudence, effets antioxydants pouvant théoriquement réduire l’efficacité de certains traitements. Interactions avec les anticoagulants. A arrêter plusieurs jours avant toute chirurgie. Inhibiteur potentiel du CYP450 |
| Ginseng – Panax ginseng | Prudence, sécurité non parfaitement établie et à arrêter au moins 7 jours avant toute chirurgie. Contre-indiqué dans les cancers hormonodépendants. Interactions avec anticoagulants, IMAO, insuline, antirétroviraux, imatinib. Inducteur du CYP3A4 |
| Goji (Baie de Goji) – Lycium barbarum | Prudence, effets antioxydants pouvant théoriquement réduire l’efficacité de certains traitements. Inhibition du CYP2C9. Risque de photosensibilisation induite |
| Grenade – Punica granatum | Généralement autorisé (avec prudence en cas de traitement par warfarine) |
| Gui – Viscum album | Prudence, généralement considéré comme sûr mais usage sur le long terme peut réduire la fonction des lymphocytes T. Interaction théorique avec CYP3A4 |
| Homéopathie | Généralement autorisé (sauf teintures mères qui sont évaluées au cas par cas) |
| Houblon – Humulus lupulus | Par précaution, à éviter en cas de cancer hormono-dépendant (effet œstrogénique léger) |
| Igname sauvage – Dioscorea villosa | Prudence, sécurité non parfaitement établie en cas de cancer hormono-dépendant |
| Kudzu – Pueraria lobata, Pueraria montana | A éviter en cas de cancer hormono-dépendant ou de traitement par tamoxifène |
| L-carnitine | Prudence, peu de données disponibles. Interactions possibles avec les traitements pour la thyroïde et les anticoagulants |
| Lycopène | Prudence car effet antioxydant pouvant théoriquement réduire l’efficacité de certains traitements et peu de données disponibles |
| Magnésium | Généralement considéré comme sûr mais prudence en cas de troubles cardiaques, rénaux ou intestinaux |
| Maïtake – Grifola frondosa | Prudence, peu de données disponibles et interactions avec traitements antidiabétiques (effet hypoglycémiant) |
| Mélatonine | Généralement considérée comme sûre mais prudence en cas de cancer hormono-dépendant car la mélatonine peut influencer les niveaux d’œstrogènes dans l’organisme. Tenir compte également des propriétés antioxydantes de la mélatonine. Interaction potentielle avec la nifédipine et les anticoagulants. Inhibiteur du CYP1A2 |
| Millepertuis – Hypericum perforatum | A éviter quel que soit le traitement (fort risque d’interaction) |
| Noni (Mûrier indien) – Morinda citrifolia | Prudence, généralement reconnu comme sûr mais possède des propriétés antioxydantes pouvant théoriquement réduire l’efficacité de certains traitements. Déconseillé en cas de maladie rénale ou de traitement contenant du potassium |
| Oméga-3 | Prudence, généralement considérés comme sûrs mais peuvent occasionner des troubles digestifs. Interaction possible avec les anticoagulants, les glucocorticoïdes et le pazopanib |
| Pamplemousse – Citrus maxima et Pomélo – Citrus paradisi | Prudence, inhibiteur du CYP3A4 et de la P-gp. A éviter en cas d’ulcère, de reflux ou de pyrosis |
| Probiotiques | Généralement autorisés mais déconseillés aux patients en aplasie |
| Quercétine | Prudence, effets antioxydants pouvant réduire l’efficacité de certains traitements |
| Resvératrol | Prudence, effets antioxydants pouvant réduire l’efficacité de certains traitements. Par précaution, à éviter en cas de cancer hormono-dépendant (effet comparable à celui des œstrogènes). Effet anticoagulant potentiel (attention aux interactions médicamenteuses et au risque hémorragique en cas d’intervention chirurgicale) |
| Sauge (sclarée et officinale) – Salvia sclarea et Salvia officinale | A éviter en cas de cancer hormono-dépendant car effets œstrogéniques. Inhibiteur du CYP2D6 et interactions avec le tamoxifène et les AVK |
| Sélénium | A éviter en cas de cancer de la prostate ou de cancer de la peau non-mélanome. Prudence, effets antioxydants pouvant réduire l’efficacité de certains traitements |
| Soja – Glycine max | A éviter en cas de cancer hormono-dépendant car effets œstrogéniques. Interactions avec tamoxifène et antiaromatase. Inducteur du CYP3A4 et P-gp. Modulateur des enzymes UGT |
| Spiruline – Arthrospira platensis et Arthrospira maxima | Généralement considérée comme sûre, mais prudence, risques théoriques d’interactions avec anticoagulants et immunosuppresseurs. Contre-indiqué en cas de phénylcétonurie. Précaution en cas de maladie auto-immune, d’hyperparathyroïdie et de dysthyroïdie. Inhibiteur du CYP1A2 |
| Thé vert – Camellia sinensis | Prudence, effets antioxydants pouvant réduire l’efficacité de certains traitements. Inhibiteur du CYP3A4 et interactions potentielles avec bortézomib, tamoxifène, irinotécan, palbociclib ainsi que de nombreux autres médicaments. Concernant le thé vert sous forme de boisson, il est recommandé d’en arrêter la consommation deux jours avant la chimiothérapie ou radiothérapie et d’attendre deux jours après pour recommencer à en boire |
| Trèfle rouge – Trifolium pratense | A éviter en cas de cancer hormono-dépendant ou de traitement par tamoxifène |
| Valériane – Valeriana officinalis | Prudence, effets antioxydants pouvant réduire l’efficacité de certains traitements. Interactions potentielles avec les sédatifs, les antidépresseurs, l’halopéridol, les benzodiazépines et les anesthésiques. Inhibiteur faible des CYP3A4 – 2C9 – 2C19 – 2D6 |
| Vitamine B6 | Généralement considérée comme sans danger à condition de ne pas dépasser la dose maximale absolue de 25 mg par jour. Attention tout de même, la vitamine B6 peut potentiellement interagir avec certains antidépresseurs, certains antiparkinsoniens et certains médicaments pour le cœur |
| Vitamine B9 | Prudence, peut potentiellement favoriser la prolifération des cellules cancéreuses. Risque d’augmentation des effets indésirables des fluoropyrimidines (5-FU et capécitabine). A éviter sauf si carence avérée |
| Vitamine B12 | Prudence, peut potentiellement favoriser la prolifération des cellules cancéreuses. A éviter sauf si carence avérée |
| Vitamine C | Prudence, effets antioxydants pouvant réduire l’efficacité de certains traitements. A éviter sauf si carence avérée ou avis médical contraire |
| Vitamine D3 | Prudence, généralement considérée comme sûre mais potentiellement à éviter en cas de calculs rénaux, de maladie cardiaque, de maladie hépatique ou de troubles du métabolisme calcique. Interactions possibles avec l’atorvastatine, les diurétiques thiazidiques et l’hydroxyde d’aluminium |
| Vitamine E | Prudence, effets antioxydants pouvant réduire l’efficacité de certains traitements |
| Zinc | Prudence, effets antioxydants pouvant réduire l’efficacité de certains traitements. A éviter sauf si carence avérée |
Pour aller plus loin :
- Base de données du Memorial Sloan Kettering Cancer Center (MSKCC – USA) : “About Herbs”. C’est la ressource mondiale la plus complète qui détaille pour de nombreuses molécules et plantes, les risques d’interactions connus.
- Base de données de la Fondation contre le Cancer, en partenariat avec le CEBAM. Il s’agit d’une ressource francophone portant sur 35 compléments alimentaires.
- Base de données CAM-Cancer, ressource norvégienne proposée par la NAFKAM (Norway’s National Research Center in Complementary and Alternative Medicine) qui aborde non seulement plusieurs dizaines de plantes mais aussi des pratiques (yoga, qi qong) et des thérapies complémentaires. Référentiel AFSOS – Questions phytothérapie : répondre aux patients atteints de cancer
- Zeng, Z., Mishuk, A., & Qian, J. (2020). Safety of dietary supplements use among patients with cancer: A systematic review.. Critical reviews in oncology/hematology, 152, 103013 .
- Sambataro D, Scandurra G, Scarpello L, Gebbia V, Dominguez LJ, Valerio MR. A Practical Narrative Review on the Role of Magnesium in Cancer Therapy. Nutrients. 2025; 17(14):2272.




