Origine
Thuja occidentalis L., de la famille des Cupressacées, appelé aussi cèdre blanc. La teinture mère part des
rameaux feuillés frais, récoltés de préférence au printemps, conformément à la monographie de la Pharmacopée française pour préparations homéopathiques (1989). Ni le bois, ni le cône, ni la feuille séchée. La teinture titre 65 pour cent d'éthanol en volume, avec un résidu sec d'au moins 1,3 pour cent.
Ce que dit la réglementation
Il n'existe
aucune monographie européenne pour le thuya, ni en usage traditionnel ni en usage bien établi. Aucune indication thérapeutique ne lui est donc officiellement attachée. L'ANSM l'inscrit à la
liste A des plantes médicinales, partie utilisée : le rameau. Dans la colonne des parties toxiques, cette liste porte la mention « tous organes », ce qui est rare pour une plante de liste A. Le thuya reste au monopole pharmaceutique et n'est pas autorisé en complément alimentaire.
Traditionnellement, la teinture mère de thuya s'emploie
en application locale sur les verrues, une goutte sur la lésion, sans déborder sur la peau saine. Elle ne s'avale pas.
Trois thuyas qu'on confond, et une question de thuyone
1. Le piège des listes. C'est
Thuja occidentalis qui est en liste A, pour son rameau. C'est
Thuja plicata, le cèdre rouge, qui est en
liste B, celle des plantes dont les effets indésirables potentiels l'emportent sur le bénéfice attendu, et pour son bois. Les deux portent le nom vernaculaire « thuya » dans les listes de l'ANSM. Troisième confusion possible, le thuya de Barbarie du commerce du bois, qui est
Tetraclinis articulata, encore un autre genre.
2. La thuyone. Les rameaux séchés titrent environ
0,76 pour cent de thuyone, dont 85 pour cent d'alpha-thuyone et 15 pour cent de bêta-thuyone, cette dernière étant la plus toxique (rapport EMA/CVMP, 1999). Depuis 2012, l'Agence européenne du médicament demande que la teneur en thuyone de tout médicament de phytothérapie soit
spécifiée et contrôlée lot par lot, et retient une exposition de l'ordre de 3 à 7 mg par jour comme ne posant pas de problème particulier. Le point qui mérite d'être dit : la monographie française de la teinture mère de thuya
date de 1989 et ne fixe aucune limite de thuyone. Elle contrôle le titre alcoolique et le résidu sec, rien d'autre. Le référentiel de la souche est donc antérieur au cadre de sécurité européen actuel, et il ne s'y aligne pas.
3. Une teinture mère n'est pas un tube de granules. L'article L.5121-13 du code de la santé publique réserve l'enregistrement homéopathique simplifié aux préparations contenant au maximum une partie pour dix mille de teinture mère. Un tube de
Thuya occidentalis 7 CH ou 9 CH est dilué bien au-delà du seuil où la thuyone reste quantifiable. La teinture mère, elle, est un extrait concentré de rameaux frais. Le raisonnement de sécurité de l'un ne se transporte pas à l'autre.
Précautions
À écarter chez la
femme enceinte ou qui allaite et chez l'enfant : l'agence européenne demande de minimiser l'exposition à la thuyone dans ces populations, faute de données. La toxicité de la thuyone est neurologique, avec un risque convulsivant décrit aux fortes expositions. Usage local uniquement, jamais sur une plaie ni sur une muqueuse, jamais par voie orale sans avis. Aucune interaction médicamenteuse n'est documentée, ce qui n'est pas la même chose qu'une absence d'interaction.
Sur la teneur en thuyones, la comparaison à l'intérieur du rayon est parlante : la
sauge sclarée en est pratiquement dépourvue, alors que le rameau de thuya en est l'une des sources les plus concentrées. Le dosage en gouttes se détermine avec nous, sur
notre page d'usage.
Quand consulter plutôt que traiter soi-même
Une lésion qui
saigne, change de couleur ou de forme n'est pas une verrue banale et se montre. De même pour une verrue du visage, une verrue génitale, une lésion chez une personne diabétique ou immunodéprimée, et pour toute verrue plantaire douloureuse qui gêne la marche. Une verrue qui ne bouge pas après huit à douze semaines de traitement local mérite qu'on revoie le diagnostic.
Sources
Pharmacopée française,
Thuya occidentalis pour préparations homéopathiques, 1989 · ANSM, listes A et B des plantes médicinales, édition janvier 2026 · EMA/HMPC,
Public statement on the use of herbal medicinal products containing thujone, révision 1, 22 mai 2012 · EMA/CVMP,
Thuja occidentalis summary report, 1999 · Code de la santé publique, article L.5121-13.