Origine
Olea europaea L., Oléacées. La monographie de la Pharmacopée française pour préparations homéopathiques,
millésime 2008, ne part pas de la feuille mais du
rameau feuillé frais. Titre en éthanol :
65 pour cent en volume, contrôle entre 60 et 70. Macération de trois à cinq semaines. Résidu sec d'au moins 2,0 pour cent.
Le titrage réserve une surprise : il porte sur la
lutéoline-7-glucoside, au minimum 0,015 pour cent en masse, et
pas sur l'oleuropéine, qui est pourtant le marqueur mis en avant par tout le commerce. Le marqueur commercial n'est pas le marqueur pharmacopée.
Liste A des plantes médicinales : feuille. Absent de la liste B.
Ce que dit la réglementation, et ce qu'elle ne dit pas
Monographie européenne de la feuille, adoptée le
31 janvier 2017, en
usage traditionnel, avec une seule indication : « médicament traditionnel à base de plantes utilisé pour favoriser l'élimination rénale de l'eau, dans les cas légers de rétention d'eau,
après exclusion d'affections sérieuses par un médecin ».
Deux préparations seulement sont retenues, la feuille séchée coupée pour infusion et la feuille séchée pulvérisée.
Aucune teinture, aucun extrait hydroalcoolique n'y figure. Le rapport d'évaluation va jusqu'à écarter explicitement les extraits éthanoliques allemands du champ de la monographie.
La révision de janvier 2025 a conclu qu'aucune modification n'était nécessaire, aucune donnée nouvelle n'ayant été jugée pertinente.
La tension artérielle : l'indication a été demandée et refusée
C'est le point que cette fiche doit porter, parce que la feuille d'olivier est massivement vendue sur cette promesse.
L'indication allemande, formulée comme un soutien du système cardiovasculaire, a été examinée puis écartée. Le motif européen, verbatim : elle
ne correspond pas au type d'indication acceptable pour un produit d'automédication. Autrement dit, un trouble cardiovasculaire n'est pas un sujet qu'on se traite soi-même sans diagnostic.
Les essais existent pourtant : une étude ouverte de 1996 sur 30 patients, un essai en double aveugle de 2011 comparant un extrait de feuille au captopril chez 148 patients évaluables, un travail sur des jumeaux monozygotes en tension limite. Le comité les juge
limités, et surtout hors de l'indication retenue.
Il faut ajouter l'ironie du dossier, et elle est sérieuse : la contre-indication européenne de la feuille d'olivier vise les situations imposant une
réduction des apports hydriques, notamment l'insuffisance cardiaque ou rénale sévère. C'est-à-dire, en partie, la population même qui achète l'olivier pour sa tension. Raison de plus pour en parler à son médecin plutôt que de se servir seul.
L'allégation cholestérol ne concerne pas cette plante
Autre confusion très répandue, et facile à lever.
Le règlement européen sur les allégations de santé autorise bien une allégation sur les polyphénols d'olive : ils « contribuent à la protection des lipides sanguins contre le stress oxydatif ». Mais lisez ses conditions : elle ne vaut que pour l'
huile d'olive contenant au moins 5 mg d'hydroxytyrosol et de ses dérivés pour 20 g d'huile, et le bénéfice est obtenu avec un apport journalier de 20 g d'huile.
La matrice autorisée est donc l'
huile, pas la feuille, et l'allégation ne se transpose en rien à une teinture. Quant à l'allégation sur le maintien d'une pression artérielle normale, elle figurait dans la même évaluation et
n'a pas été autorisée.
Précautions
Contre-indiqué dans les situations où une réduction des apports hydriques est recommandée, insuffisance cardiaque ou rénale sévère. Usage
non recommandé avant 18 ans, ni pendant la grossesse et l'allaitement. Durée prévue :
deux à quatre semaines.
Buvez abondamment si vous utilisez cette plante sur l'indication d'élimination : c'est la condition de l'effet, comme pour la
piloselle et le
pissenlit. Le dosage en gouttes se détermine avec nous, sur
notre page d'usage.
Quand consulter plutôt que traiter soi-même
Le drapeau rouge est net et il vaut mieux l'écrire deux fois :
une hypertension ne se traite pas par une plante. Elle se mesure, se suit et se traite avec un médecin. Ne remplacez jamais un traitement antihypertenseur, et n'en modifiez pas la dose sur la foi d'une automesure.
Se font examiner sans attendre : des
jambes qui gonflent des deux côtés, une prise de poids rapide, un essoufflement à l'effort ou en position allongée, un gonflement du visage ou des paupières le matin. Ces signes orientent vers le cœur, le rein ou le foie, jamais vers un simple excès d'eau. Une douleur thoracique, des maux de tête violents ou des troubles visuels avec tension élevée relèvent de l'urgence.
Sources
Pharmacopée française,
Olivier d'Europe pour préparations homéopathiques, 2008 · ANSM, listes A et B des plantes médicinales · EMA/HMPC,
European Union herbal monograph on Olea europaea L., folium, 31 janvier 2017, rapport d'évaluation correspondant et addendum du 22 janvier 2025 · Règlement (UE) n° 432/2012 établissant la liste des allégations de santé autorisées, et EFSA Journal, 2011, pour l'évaluation des polyphénols d'olive.