Origine
Fucus vesiculosus L., le varech vésiculeux, une algue brune de la famille des Fucacées. La monographie de la Pharmacopée française pour préparations homéopathiques (1989) définit la souche à partir du thalle entier frais, teinture mère à l'éthanol 65 pour cent en volume, résidu sec d'au moins 1,5 pour cent.
Elle impose surtout un titrage que peu de gens connaissent et qui change tout : la teinture mère doit contenir entre 0,001 et 0,002 pour cent d'iode, dosé par titrimétrie. C'est la seule teinture mère du rayon dont la monographie encadre la teneur en un élément minéral.
Ce que dit la réglementation
Monographie européenne d'usage traditionnel, publiée le 6 août 2014, sur la poudre de thalle en forme orale solide. L'indication est formulée avec trois garde-fous cumulatifs, et ils comptent : adjuvant d'un régime hypocalorique, pour aider à la perte de poids chez l'adulte en surpoids, après qu'un médecin a écarté une pathologie sérieuse. Durée maximale : dix semaines. L'ANSM inscrit le fucus à la liste A, partie utilisée : le thalle.
Point d'honnêteté : l'efficacité minceur n'est étayée par aucun essai clinique. Le rapport d'évaluation européen n'en retient aucun. La reconnaissance repose uniquement sur l'ancienneté d'usage. Nous vendons ce produit, et nous préférons le dire.
L'iode : le vrai sujet de cette algue
Le fucus n'est pas un brûleur de graisse, c'est un apport d'iode. Tout le raisonnement de sécurité tourne autour de ce point.
La teneur varie énormément. La Pharmacopée européenne admet de 0,03 à 0,2 pour cent d'iode dans la poudre de thalle, soit un rapport de un à près de sept entre les extrêmes autorisés. Le rapport européen le dit sans détour : la teneur en iode des algues est variable, ce qui rend l'apport réel difficile à prévoir d'un lot à l'autre.
Deux plafonds coexistent, et le français est le plus strict. La monographie européenne fixe un maximum de 400 microgrammes d'iode par jour pour les médicaments à base de fucus. L'avis français aux fabricants de médicaments à base de plantes retient, lui, 120 microgrammes par jour. Soit un plafond plus de trois fois plus bas.
L'ANSES est explicite sur les populations à écarter. Son avis sur les aliments et compléments à base d'algues déconseille ces produits, sans avis médical, aux personnes présentant un dysfonctionnement thyroïdien, une cardiopathie ou une insuffisance rénale, à celles traitées par un médicament contenant de l'iode ou du lithium, ainsi qu'aux femmes enceintes et allaitantes.
Deux points que la monographie ne couvre pas
Les signalements graves récents concernent des préparations homéopathiques, pas la poudre. L'addendum européen de 2021 recense douze cas sur cinq ans, dont six graves : cinq portaient sur une préparation homéopathique, un sur un complément alimentaire, tous des produits combinés destinés au contrôle du poids. L'évaluateur précise que ces produits ne sont pas couverts par la monographie. La mention « effets indésirables : aucun connu » de la monographie européenne ne peut donc pas se transposer telle quelle à une teinture mère.
L'arsenic. Le rapport européen conclut que la qualité des préparations de fucus doit être soigneusement contrôlée, particulièrement au regard des métaux lourds. Les algues alimentaires françaises sont soumises à une limite en arsenic inorganique. La monographie de 1989 pour la souche, elle, ne comporte aucun essai limite en arsenic ni en métaux lourds : seules s'appliquent les prescriptions générales de la Pharmacopée. C'est un point à poser à son fournisseur, et nous le posons.
Précautions
Ne jamais associer plusieurs préparations de fucus, ni le fucus à un autre apport d'iode ou à un médicament thyroïdien. Usage non recommandé avant 18 ans, ni pendant la grossesse et l'allaitement. Un cas d'hyperthyroïdie a été publié chez un patient sous lithium. Les signes de surdosage rapportés sont parlants : palpitations, tachycardie, tremblements, variations tensionnelles, allongement de l'intervalle entre les règles, aggravation d'une acné.
Quand consulter plutôt que traiter soi-même
Avant toute cure si vous avez un nodule thyroïdien, une thyroïdite, une hyperthyroïdie ou une hypothyroïdie traitée, même équilibrée. Un amaigrissement qui survient sans régime, une fatigue avec frilosité ou au contraire une nervosité avec palpitations : on dose la TSH avant d'ajouter de l'iode. Et une prise de poids récente et inexpliquée mérite un bilan, pas une algue.
Sources
Pharmacopée française, Fucus vesiculosus pour préparations homéopathiques, 1989 · EMA/HMPC, monographie européenne Fucus vesiculosus L., thallus, 6 août 2014, rapport d'évaluation et addendum 2021 · ANSES, avis relatif aux aliments et compléments alimentaires à base d'algues · ANSM, liste A des plantes médicinales.