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Diarrhée PHC

Une gastro-entérite, ce qui se passe vraiment

Dans la très grande majorité des cas, une gastro-entérite est virale. Un norovirus ou un rotavirus s'installe sur la paroi de l'intestin, celle-ci n'absorbe plus l'eau correctement, et tout repart vers la sortie. D'où les selles liquides, les crampes, les vomissements et cette fatigue qui tombe d'un coup. C'est spectaculaire, c'est épuisant, et chez un adulte en bonne santé cela se règle en général en deux à trois jours.

Le reste du temps il s'agit d'autre chose : une intoxication alimentaire, une turista rapportée de voyage, les suites d'une cure d'antibiotiques. Le choix du traitement n'est pas le même. C'est pour cette raison qu'en homéopathie la souche se décide sur les symptômes observés, jamais sur le seul mot « gastro ».

Choisir sa souche sur ce que vous ressentez

Au comptoir, trois ou quatre questions suffisent en général à orienter. Voici les repères que nous utilisons tous les hivers.

  • Ipeca : la nausée domine tout et elle ne passe pas, même après avoir vomi. Le détail qui compte, c'est la langue : elle reste propre et rose alors que la personne se sent au plus mal. La souche des gastros qui commencent par le haut.
  • Arsenicum album : vomissements et diarrhée en même temps, brûlures dans le ventre soulagées par une boisson chaude, agitation anxieuse au milieu de la nuit. C'est celle que l'on sort en premier quand un repas est en cause.
  • Podophyllum peltatum : la diarrhée est jaune, abondante, elle part en jet, surtout le matin au réveil, et elle laisse complètement vidé. Beaucoup de gastros de l'enfant ressemblent à ce tableau.
  • Mercurius solubilis : selles glaireuses, parfois striées, et cette envie d'y retourner qui persiste alors qu'on vient à peine de quitter les toilettes.
  • Nux vomica : là, ce n'est probablement pas un virus. Repas trop lourd et trop arrosé, langue chargée, envie de vomir sans y parvenir.
  • China rubra : la crise est passée mais vous êtes à plat, ballonné, les jambes en coton. La souche de la récupération, après des pertes de liquides importantes.

Rien n'interdit d'en associer deux. Ipeca tant que les vomissements dominent, puis Podophyllum quand la diarrhée prend le relais : c'est même le schéma le plus fréquent sur une gastro qui suit son cours normal.

Dilution et rythme des prises

En phase aiguë, la 9 CH convient dans la quasi-totalité des situations. Cinq granules toutes les heures tant que les symptômes sont vifs, puis on espace dès que ça s'améliore : toutes les deux heures, puis trois fois par jour. Un traitement homéopathique qui fonctionne, c'est un traitement que l'on espace, pas un traitement que l'on prend au même rythme pendant cinq jours.

Pour China rubra en phase de récupération, trois prises quotidiennes pendant une semaine suffisent.

Avec un enfant qui vomit, ne cherchez pas à lui faire garder les granules sous la langue. Faites-les dissoudre dans un fond d'eau, dans un verre ou un biberon, et donnez à boire par petites gorgées. L'effet est identique et vous ne perdez pas la dose au premier haut-le-cœur.

Réhydrater, et le faire correctement

C'est la partie que l'on néglige le plus, et c'est pourtant la seule qui met réellement les gens en difficulté. Un grand verre d'eau avalé d'un trait sur un estomac irrité repart aussitôt. Ce qui passe, c'est le petit volume répété : une cuillère à café, soit environ 5 ml, toutes les cinq minutes. C'est fastidieux, mais au bout d'une heure la personne a bu un demi-verre et elle l'a gardé.

Chez le nourrisson et le jeune enfant, on passe aux sachets de réhydratation orale, reconstitués exactement selon la dilution indiquée. Ils apportent le sodium et le glucose dans les proportions qui permettent à l'intestin de réabsorber l'eau.

Le soda dégazé de nos grands-mères part d'une bonne intention mais aggrave souvent les choses. Il est bien trop sucré, et ce sucre attire l'eau vers l'intestin par appel osmotique. Autrement dit, il entretient la diarrhée que l'on cherche à calmer.

Le lopéramide n'est pas la réponse à tout

Bloquer le transit paraît logique, ça l'est rarement. En présence de fièvre, de sang ou de glaires dans les selles, le lopéramide est contre-indiqué : on garderait dans l'intestin un germe ou une toxine que l'organisme est justement en train d'évacuer. Sur une gastro banale sans fièvre, il peut dépanner le temps d'un déplacement, pas davantage. Les formes disponibles sans ordonnance sont réservées à l'adulte et à l'adolescent à partir de 15 ans.

Les situations qui demandent un avis médical

Une gastro-entérite est bénigne jusqu'au moment où elle ne l'est plus, et les repères sont assez nets. On appelle le médecin devant du sang dans les selles, une fièvre supérieure à 38,5 °C qui dure plus de deux jours, des vomissements qui empêchent toute boisson depuis plus de six heures, une douleur abdominale intense et localisée, ou des signes de déshydratation : bouche sèche, urines rares et foncées, absence de larmes chez l'enfant qui pleure, pli de peau qui s'efface lentement. Chez le nourrisson de moins d'un an, la personne âgée, la femme enceinte et les patients sous diurétiques, ces seuils s'abaissent : le doute suffit à consulter.

Éviter que toute la maison y passe

Le norovirus est redoutablement contagieux, quelques dizaines de particules suffisent, et il résiste bien au gel hydroalcoolique. Le lavage des mains au savon, longuement, reste ce qui marche le mieux, en particulier après le passage aux toilettes et avant de préparer un repas. La contagiosité ne s'arrête pas avec les symptômes : elle se prolonge environ 48 heures après le dernier épisode. C'est la raison pour laquelle on demande à un enfant d'attendre deux jours avant de retourner en collectivité.

Les questions qu'on nous pose souvent

Combien de temps dure une gastro-entérite ?

Un à trois jours pour la forme virale classique chez l'adulte. La fatigue, elle, traîne facilement une semaine, et c'est justement là que China rubra rend service.

Peut-on prendre de l'homéopathie en même temps qu'un traitement classique ?

Oui. Les granules ne s'opposent ni aux sachets de réhydratation, ni au paracétamol, ni à un antispasmodique. Espacez simplement de quelques minutes une prise de granules et une boisson chaude ou mentholée.

Que manger pendant, et après ?

Tant que les vomissements durent, on ne mange pas, on boit. Ensuite on reprend progressivement : riz, carotte cuite, banane, compote de coing, poisson vapeur. On laisse de côté le lait, les crudités, les jus de fruits et les plats gras encore deux ou trois jours.

L'homéopathie protège-t-elle de la gastro quand elle circule à la maison ?

Aucune donnée ne permet de l'affirmer et nous préférons le dire clairement. En période d'épidémie, ce sont l'hygiène des mains et le nettoyage des surfaces qui font la différence. En revanche, avoir un tube d'Ipeca et un tube de Podophyllum dans l'armoire permet d'agir dès la première heure, et cela change beaucoup au confort des deux premiers jours.

Faut-il prendre des probiotiques après ?

Ils aident à raccourcir la période de transit perturbé, surtout après une gastro sévère ou une cure d'antibiotiques. Nous en proposons une sélection au rayon gastro et flore intestinale.

Si la diarrhée s'installe sans contexte infectieux, revient régulièrement ou accompagne un traitement au long cours, la démarche est différente. Nous la détaillons sur notre page consacrée à l'homéopathie et la diarrhée.

Page mise à jour le 18 août 2026 par l'équipe officinale de la Pharmacie Homéopathique Centrale.

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