Fourmillements dans les mains et autour de la bouche, gorge serrée, impression de manquer d'air, mains qui se crispent : la crise de spasmophilie est spectaculaire et impressionne l'entourage autant que la personne concernée. Elle est bénigne, et elle se maîtrise mieux quand on a compris ce qui se passe.
Le point de départ est presque toujours une hyperventilation : la respiration s'accélère et s'amplifie, souvent sans qu'on s'en rende compte, sous l'effet de l'anxiété ou de la douleur. Le corps élimine alors trop de gaz carbonique, ce qui modifie l'équilibre acide-base du sang et rend le calcium moins disponible pour les muscles et les nerfs.
D'où les signes : fourmillements, contractures des mains et des avant-bras, crampes, sensation d'étouffer, vertiges, palpitations. La sensation de manquer d'air pousse à respirer encore plus vite, ce qui entretient le cercle. Toute la prise en charge tient dans le fait de casser cette boucle.
Ralentir l'expiration. Inspirez normalement par le nez, puis soufflez lentement par la bouche, deux fois plus longtemps que l'inspiration, lèvres pincées comme pour souffler dans une paille. Cinq à dix cycles suffisent souvent. Asseyez-vous, desserrez le col, et laissez la personne se concentrer sur le souffle plutôt que sur les symptômes.
Nous déconseillons le sac en papier, longtemps recommandé. Il est inefficace s'il est mal utilisé et dangereux si la gêne respiratoire vient en réalité d'autre chose, un asthme ou un problème cardiaque par exemple.
La spasmophilie est un diagnostic qui se pose après avoir écarté ce qui lui ressemble. Une première crise, ou des crises qui changent de forme, justifient une consultation et souvent un bilan : calcium et magnésium sanguins, thyroïde, parfois électrocardiogramme.
Appelez le 15 devant une douleur thoracique, un malaise avec perte de connaissance, une gêne respiratoire qui ne cède pas au contrôle du souffle, ou une faiblesse d'un côté du corps. Ces tableaux ne sont pas de la spasmophilie.
Selon ce qui domine, voyez Stress et angoisse, Crampes ou Sommeil et détente.
Le terme n'est plus employé dans la classification médicale internationale, où l'on parle plutôt de syndrome d'hyperventilation ou d'attaque de panique. Cela ne rend pas les symptômes moins réels : ils ont un mécanisme physiologique précis et ils se traitent.
Le magnésium sanguin reflète mal les réserves de l'organisme, il est souvent normal malgré un déficit. Un dosage normal n'exclut donc pas l'intérêt d'une cure, et c'est la tolérance clinique qui guide.
En cures d'un à trois mois renouvelables, oui, chez une personne dont les reins fonctionnent normalement. Le principal effet indésirable est digestif, des selles molles, qui signent souvent une dose trop forte ou une forme mal choisie plutôt qu'un problème.
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