Origine
Panax ginseng C.A. Mey., famille des Araliacées. La Pharmacopée européenne décrit la
racine séchée, entière ou coupée : blanche si elle est simplement séchée, rouge si elle a été traitée à la vapeur avant séchage. Elle impose un titrage d'
au moins 0,40 pour cent de ginsénosides Rg1 et Rb1 réunis.
À signaler, parce que c'est vérifiable et rarement dit :
il n'existe pas de monographie française pour la souche homéopathique de ginseng. La liste des monographies en vigueur au 1
er janvier 2026 ne comporte aucune entrée Ginseng ni Panax. Aucun titre alcoolique ni titrage n'est donc imposé par la Pharmacopée française à cette teinture mère : elle relève du référentiel retenu par le fabricant.
Ce que dit la réglementation
Monographie européenne d'
usage traditionnel, révisée le 29 mai 2024. Le rapport d'évaluation tranche la question sans ambiguïté : aucune des préparations examinées ne remplit les critères de l'usage bien établi. Autrement dit, malgré des décennies de littérature, le ginseng reste au niveau traditionnel.
Indication reconnue : les
symptômes d'asthénie, fatigue et faiblesse. Durée d'utilisation jusqu'à trois mois, avec un avis médical si les symptômes persistent au-delà de deux semaines sous traitement. L'ANSM l'inscrit à la liste A, partie souterraine.
Deux faits qui vont à l'encontre du discours courant
L'Europe ne retient aucune interaction. C'est le point le plus surprenant du dossier. La section interactions de la monographie 2024 dit littéralement qu'aucune n'est rapportée. Le rapport d'évaluation explique pourquoi : les cas d'augmentation de l'INR sous warfarine existent, mais un essai randomisé chez le volontaire sain n'a pas retrouvé d'interaction significative ; le signal avec un IMAO repose sur un cas isolé ; le risque hypoglycémique reste théorique.
Notre position : la vigilance reste légitime si vous êtes sous anticoagulant ou traité pour un diabète, et le Manuel MSD la maintient. Mais c'est du
conseil pharmaceutique, pas une contre-indication réglementaire. Nous ne présenterons pas l'un pour l'autre.
Le ginseng sibérien n'est pas un ginseng. Eleutherococcus senticosus appartient à un autre genre et
ne contient pas de ginsénosides, mais des éleuthérosides. Le piège est que sa monographie européenne porte
exactement la même indication, mot pour mot, avec des paramètres différents : durée limitée à deux mois au lieu de trois, âge minimum 12 ans au lieu de 18. Quant au ginseng américain,
Panax quinquefolius, c'est bien un
Panax porteur de ginsénosides, mais il n'a ni monographie européenne ni inscription à la liste A : il n'existe qu'en complément alimentaire.
Précautions
Contre-indication limitée à l'hypersensibilité. Usage
non établi avant 18 ans. Non recommandé pendant la grossesse et l'allaitement. Effets indésirables rapportés : troubles digestifs, réactions d'hypersensibilité, et
insomnie. Cette dernière justifie une règle simple : le ginseng se prend le matin, jamais après 16 heures.
Attention à l'homonymie au moment de choisir : l'
éleuthérocoque, vendu sous le nom de ginseng de Sibérie, n'appartient pas au genre Panax et ne relève pas de la même monographie. Dosage sur
notre page d'usage.
Quand consulter plutôt que traiter soi-même
Une fatigue qui dure au-delà de
quelques semaines ne se traite pas à l'aveugle. Elle se documente : numération, ferritine, TSH, glycémie, selon le contexte. Une fatigue avec amaigrissement, fièvre, sueurs nocturnes, essoufflement à l'effort ou ganglions palpables impose un examen rapide. Une fatigue qui s'accompagne d'une perte d'intérêt et d'un sommeil désorganisé relève d'abord d'une évaluation de l'humeur.
Sources
EMA/HMPC, monographie européenne
Panax ginseng C.A. Mey., radix, révision 1, 29 mai 2024, et rapport d'évaluation correspondant · Pharmacopée européenne, monographie
Ginseng · ANSM, liste A des plantes médicinales · ANSM, liste des monographies françaises en vigueur, janvier 2026 · Manuel MSD, version professionnelle.