À la puberté, l'horloge biologique se décale : le signal d'endormissement arrive une à trois heures plus tard qu'avant. Un adolescent qui ne trouve pas le sommeil avant minuit ne fait pas preuve de mauvaise volonté. Selon la façon dont il dort mal, les souches habituelles sont Coffea cruda 9 CH, trois granules au coucher quand l'endormissement ne vient pas, et Kalium carbonicum 9 CH, même posologie, quand le sommeil se rompt en pleine nuit. Le détail par terrain figure plus bas.
La sécrétion de mélatonine, qui déclenche l'endormissement, se produit plus tard qu'avant la puberté. C'est un décalage d'horloge, pas un défaut de discipline, et l'adolescent n'y peut rien.
Cela change la conduite à tenir, et c'est ce que je passe le plus de temps à expliquer aux parents. Avancer l'heure du coucher ne sert à rien, on ne s'endort pas sur commande. Le vrai problème n'est pas le coucher, c'est le réveil : l'horaire scolaire, lui, n'a pas bougé, et c'est là que la dette de sommeil se creuse, du lundi au vendredi, semaine après semaine.
La lumière du soir retarde encore un signal déjà tardif. Ce n'est pas l'écran en soi qui empêche de dormir, c'est la lumière qu'il envoie dans les yeux à vingt-trois heures, et le contenu qui maintient en éveil. Une heure sans écran avant le coucher change davantage les choses que n'importe quel produit de ce rayon, et je préfère le dire.
La grasse matinée du week-end soulage sur le moment et aggrave le lundi : dormir jusqu'à quatorze heures le dimanche repousse l'horloge de deux heures supplémentaires. Deux heures d'écart maximum entre le réveil de semaine et celui du week-end, c'est le compromis tenable.
La caféine, enfin, se cache ailleurs que dans le café. Les boissons énergisantes et les sodas au cola en contiennent, et un adolescent qui en boit à seize heures peut encore en subir l'effet à vingt-trois.
Un adolescent qui dort mal dort mal de plusieurs façons différentes, et c'est la façon qui oriente le choix, pas le fait de mal dormir.
Quand l'endormissement ne vient pas, que la tête tourne encore longtemps après le coucher, la souche habituelle est Coffea cruda 9 CH, trois granules au coucher.
Quand le sommeil arrive mais se rompt en pleine nuit, avec des réveils qui reviennent aux mêmes heures, c'est Kalium carbonicum 9 CH, trois granules au coucher.
Quand le sommeil est là mais reste agité toute la nuit, Argentum nitricum 9 CH, trois granules trois fois par jour.
Sur les cauchemars, qui ne disparaissent pas toujours avec l'enfance, Stramonium 7 CH, trois granules le soir au coucher, à renouveler en cas de réveil.
Et sur le décalage lui-même, celui des retours de vacances comme celui des week-ends qui repoussent l'horloge, Melatonium 7 CH, trois granules le soir au coucher.
Si c'est la veille d'un contrôle ou d'un oral que le sommeil se dérobe, le terrain n'est plus le même : c'est du trac, et il se traite comme tel. Notre kit anti-stress des examens réunit les souches de ce registre.
La valériane et la passiflore ne sont pas recommandées avant douze ans, l'Agence européenne des médicaments ne disposant pas de données suffisantes dans cette tranche d'âge. On les trouve pourtant dans beaucoup de produits de sommeil vendus sans distinction d'âge : lisez la composition.
La mélatonine en complément alimentaire est déconseillée chez l'enfant et l'adolescent par l'ANSES, qui a également identifié des populations à risque. C'est une raison de ne pas s'y mettre seul : si la question se pose pour votre adolescent, parlez-en d'abord, au comptoir ou à votre médecin. Pour le tout-petit, la conduite est encore différente : voir le sommeil du nourrisson.
Une somnolence en journée malgré un temps de sommeil apparemment suffisant, des endormissements en cours, un ronflement accompagné de pauses respiratoires, un réveil qui n'est jamais reposant : ces signes ne relèvent pas du conseil en officine et méritent un avis médical.
Il en va de même pour un trouble du sommeil installé depuis plusieurs mois, en particulier s'il s'accompagne d'un repli, d'une perte d'intérêt pour ce que l'adolescent aimait, ou d'une chute des résultats scolaires. Le sommeil est souvent le premier signe visible, et c'est une conversation qui vaut d'être eue avec un médecin plutôt qu'avec un moteur de recherche.
En partie seulement, et au prix d'un décalage supplémentaire. Le sommeil de récupération existe, mais dormir jusqu'à quatorze heures le dimanche repousse l'horloge et rend le lundi plus dur. Mieux vaut une sieste courte en début d'après-midi qu'une grasse matinée qui s'étire.
L'ANSES la déconseille chez l'enfant et l'adolescent. Ce n'est pas une interdiction, c'est un avis, mais il est assez net pour que nous orientions autrement à cet âge. La question se pose différemment chez l'adulte.
Huit à dix heures, ce qui est plus qu'un adulte et ce que la quasi-totalité des lycéens n'obtient pas en semaine. Le repère utile n'est pas le nombre d'heures mais l'état du réveil : un adolescent qui se lève reposé sans réveil le week-end a trouvé son compte.
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