Origine
Symphytum officinale L., la grande consoude, famille des Boraginacées. La monographie de la Pharmacopée française pour préparations homéopathiques porte le
millésime 2024. Elle définit la souche à partir de la
partie souterraine fraîche, rhizome et racines, avec une perte à la dessiccation d'au moins 65 pour cent, teinture mère à l'éthanol 45 pour cent en volume, résidu sec d'au moins 1,5 pour cent.
Une plante à usage strictement externe
Ce point n'est pas négociable et il structure toute la fiche.
La monographie européenne, révisée le 31 janvier 2024, est d'usage traditionnel et porte sur une
seule voie : la voie cutanée. Indication reconnue : le soulagement symptomatique des
entorses et contusions mineures. Il n'existe
aucune monographie européenne pour la voie orale.
L'ANSM va dans le même sens : la consoude figure à la liste A avec un astérisque qui signifie usage cutané, et la colonne des parties toxiques porte la mention
« tous organes ».
Les alcaloïdes pyrrolizidiniques, et pourquoi la peau ne protège pas
La consoude contient des
alcaloïdes pyrrolizidiniques, une famille de molécules hépatotoxiques. Bioactivées dans le foie, elles forment des composés réactifs qui lèsent l'endothélium des sinusoïdes hépatiques et peuvent provoquer une
maladie veino-occlusive du foie, aussi appelée syndrome d'obstruction sinusoïdale.
Le chiffre qui donne la mesure du risque vient de la consoude elle-même. L'agence européenne indique que
la plus faible dose ayant causé une maladie veino-occlusive chez un être humain a été estimée à 0,015 mg par kilo et par jour, et qu'il s'agissait d'une automédication par une préparation de consoude. Pour une personne de 70 kilos, cela fait environ 1 mg par jour.
Le seuil réglementaire européen, lui, est fixé à
moins de 1 microgramme par jour d'alcaloïdes pyrrolizidiniques insaturés dans la dose journalière. Soit environ mille fois moins que la dose ayant provoqué un accident documenté.
Et voici le point que presque personne ne dit : ce seuil vaut aussi bien pour la peau que pour la bouche. L'agence européenne refuse tout abattement lié au passage percutané. La restriction « peau intacte uniquement » n'est donc pas une précaution de tolérance locale : c'est une
mesure de maîtrise de l'exposition générale. Une peau abîmée laisse passer davantage, et le risque en jeu est hépatique, pas cutané.
Précautions
Usage cutané exclusivement. Jamais par voie orale, jamais sur une
peau lésée ou irritée, jamais sur une plaie ouverte, jamais sur les yeux ou les muqueuses. Durée maximale d'utilisation :
dix jours. Usage non recommandé avant 18 ans. Non recommandé pendant la grossesse et l'allaitement, en raison d'une toxicité de la reproduction observée chez l'animal avec les alcaloïdes isolés.
Aucune interaction et aucun effet indésirable ne sont répertoriés dans la monographie européenne, ce qui s'explique par le périmètre restreint qu'elle couvre.
Une précision utile pour qui cueille : la consoude fraîche est
régulièrement confondue avec la digitale pourpre avant floraison, et cette confusion-là est mortelle. L'agence de sécurité sanitaire l'a documentée. C'est une raison de plus d'acheter une souche contrôlée plutôt que de préparer soi-même.
Deux voisines du versant cutané, à ne pas intervertir : l'
arnica ne se met jamais sur peau lésée, le
calendula s'applique au contraire sur une plaie propre. Dosage sur
notre page d'usage.
Quand consulter plutôt que traiter soi-même
Une
déformation, une impossibilité d'appui, un hématome qui gonfle rapidement, une douleur qui s'aggrave après 48 heures : on radiographie avant d'appliquer quoi que ce soit. Toute plaie ouverte relève d'un autre produit. Et si vous avez pris de la consoude par voie orale, en tisane ou en gélules, parlez-en à votre médecin : la surveillance hépatique se discute au cas par cas.
Sources
EMA/HMPC, monographie européenne
Symphytum officinale L., radix, 5 mai 2015, corrigée le 31 janvier 2024 · EMA/HMPC, déclaration publique sur les médicaments à base de plantes contenant des alcaloïdes pyrrolizidiniques insaturés toxiques, révision 1 · Pharmacopée française,
Consoude pour préparations homéopathiques, 2024 · ANSM, liste A des plantes médicinales · Règlement (UE) 2023/915 sur les contaminants dans les denrées alimentaires.