Origine
Aesculus hippocastanum L., Sapindacées. La Pharmacopée française décrit
deux souches distinctes pour cet arbre, ce qui est rare et vaut la peine d'être su.
La première,
Marron d'Inde pour préparations homéopathiques, millésime
2002, part de la
graine fraîche, titre 65 pour cent d'éthanol en volume et impose au moins
0,25 pour cent en masse d'hétérosides triterpéniques totaux exprimés en aescine. La seconde, millésime
2004, part de l'
inflorescence fraîche et titre 55 pour cent. Deux drogues, deux textes. Celle que nous vendons ici est la teinture mère de
graine ; le
catalogue A à Z vous dira ce que le rayon propose par ailleurs.
Côté liste A des plantes médicinales, le marronnier d'Inde figure pour l'
écorce de tige et la graine.
Ce que dit la réglementation
L'Europe n'a évalué que la
graine. Ni l'écorce, ni la feuille ne font l'objet d'une monographie. La révision 1, adoptée le
23 avril 2020, porte trois indications réparties sur deux statuts.
En
usage médical bien établi : « traitement de l'insuffisance veineuse chronique, caractérisée par des jambes gonflées, des varices, une sensation de lourdeur, des douleurs, une fatigue, des démangeaisons, une tension et des crampes dans les mollets ».
En
usage traditionnel : « soulager les symptômes d'inconfort et de lourdeur des jambes liés à des troubles circulatoires veineux mineurs » et « soulager les signes des ecchymoses ».
Pourquoi les 50 mg d'escine que vous lisez partout ne veulent plus dire ce qu'ils disaient
Voilà un point que la quasi-totalité des sites reprend sans l'avoir vérifié depuis 2020.
La dose de référence de l'usage bien établi est aujourd'hui de
21 mg d'hétérosides triterpéniques calculés en protoaescigénine, deux fois par jour, sur un extrait sec normalisé à 6,5 à 10 pour cent, obtenu à l'éthanol de 40 à 80 pour cent en volume, pendant au moins quatre semaines.
Or les sources anciennes annoncent 50 mg d'escine deux fois par jour, et un extrait à 16 à 28 pour cent.
Ce sont les mêmes produits, à la même dose. Ce qui a changé, c'est l'unité de mesure : la Pharmacopée européenne a remplacé en 2017 le dosage photométrique par une méthode chromatographique, avec une autre substance de référence. La monographie de 2020 le note explicitement.
Conséquence pratique pour vous : un site qui parle encore de « 16 à 20 pour cent d'escine » travaille sur une documentation qui n'a pas été mise à jour depuis au moins six ans.
L'écart avec la teinture mère, chiffré
| Critère | Extrait de l'usage bien établi | Teinture mère de marron d'Inde |
| Partie de plante | graine | graine fraîche |
| Forme | extrait sec normalisé | teinture hydroalcoolique à 65 pour cent |
| Titre en hétérosides triterpéniques | 6,5 à 10 pour cent | au moins 0,25 pour cent |
| Statut des indications | usage médical bien établi | hors périmètre de la monographie |
Le rapport est d'environ un à trente, le même ordre d'écart qu'entre la teinture mère de
vigne rouge et l'extrait aqueux de ses essais. Les indications européennes
ne se transposent pas à une teinture mère, et la teinture ne figure d'ailleurs dans aucune des préparations retenues par l'Europe. Ce que vous achetez ici est une souche homéopathique, avec sa logique propre.
Précautions
Le marron cru est toxique par ingestion. L'ANSES a documenté les confusions entre marron d'Inde et châtaigne : entre
2012 et 2018, elles représentaient
11 pour cent des cas de confusion de plantes rapportés aux centres antipoison, deuxième cause après les plantes à bulbes. Les symptômes sont digestifs : douleurs abdominales, nausées, vomissements, irritation de la gorge. Un repère simple : la bogue du marron d'Inde porte de gros piquants espacés, celle de la châtaigne est hérissée d'épines fines et serrées.
Pour l'usage en teinture, la préparation est destinée à la voie interne selon la prescription ou le conseil du pharmacien. Un traitement anticoagulant ou antiagrégant, une insuffisance rénale, une grossesse ou un allaitement se signalent avant l'achat.
Ce que dit la revue Cochrane
La revue publiée en
2012, portant sur 17 essais randomisés, conclut que l'extrait de graine de marronnier d'Inde constitue un traitement efficace et sûr à court terme de l'insuffisance veineuse chronique, tout en appelant des essais plus larges pour confirmer ce résultat. Elle porte, là encore, sur l'extrait normalisé.
Quand consulter plutôt que traiter soi-même
Un signe impose un avis médical le jour même : un
mollet chaud, gonflé et douloureux d'un seul côté, surtout après un alitement, un plâtre ou un long trajet. C'est le tableau d'une phlébite, et aucune plante n'a sa place à ce moment-là.
Se font également examiner sans attendre : un œdème d'apparition brutale, une plaie ou un ulcère qui ne cicatrise pas sur la jambe, une peau qui se pigmente ou se durcit à la cheville, et un essoufflement ou une douleur thoracique associés à une jambe gonflée.
Sources
Pharmacopée française,
Marron d'Inde pour préparations homéopathiques, 2002, et
Marronnier d'Inde (inflorescence de), 2004 · ANSM, liste A des plantes médicinales, édition janvier 2021 · EMA/HMPC,
European Union herbal monograph on Aesculus hippocastanum L., semen, révision 1, 23 avril 2020 · ANSES, communication sur les confusions entre marron d'Inde et châtaigne, 2022 · Cochrane,
Horse chestnut seed extract for chronic venous insufficiency, 2012.