Origine
Arnica montana L., famille des Astéracées. Attention à la partie de plante, elle n'est pas la même selon le référentiel. La Pharmacopée européenne travaille sur Arnicae flos, le capitule séché. La Pharmacopée française, pour la souche homéopathique (2008), retient la plante entière, fleurie et fraîche, racine comprise. La teinture mère est préparée à l'éthanol 45 pour cent en volume, avec un titre minimal de 0,01 pour cent de lactones sesquiterpéniques exprimées en tiglate de dihydrohélénaline.
Ce que dit la réglementation
L'arnica dispose d'une monographie européenne d'usage traditionnel (6 mai 2014), et d'elle seule : l'usage bien établi n'a pas été retenu. L'indication reconnue tient en une ligne, le soulagement des contusions, des entorses et des douleurs musculaires localisées. La voie est cutanée, exclusivement.
L'ANSM inscrit l'arnica à la liste A pour son capitule, avec un astérisque qui signifie littéralement « usage cutané ». La plante est absente de la liste des plantes libérées du monopole : elle se délivre en pharmacie.
La voie orale : ce qu'on peut dire exactement
On lit souvent que l'arnica serait « interdit par voie orale ». La formulation juridique est différente et plus intéressante. Aucun texte n'interdit : c'est l'usage oral qui n'a jamais été accepté à l'évaluation. La Commission E allemande l'avait déjà écarté en 1984 en raison des risques, et le comité européen a maintenu cette limite en 2014. Côté français, l'astérisque de la liste A vaut restriction à l'usage cutané.
Conséquence concrète au comptoir : il n'existe aucun cadre pour un arnica de phytothérapie avalé, et une teinture mère d'arnica ne se boit pas. Cela ne concerne pas les dilutions homéopathiques, qui relèvent d'un autre régime réglementaire et d'un tout autre ordre de concentration. Le tube d'Arnica 9 CH que vous prenez avant une intervention et le flacon de teinture mère posé sur la table de nuit ne sont pas le même produit.
Précision utile sur les preuves : le comité européen a écarté les essais homéopathiques de son évaluation, au motif qu'ils ne portaient pas sur une préparation de phytothérapie. L'absence de conclusion européenne sur l'arnica homéopathique est donc une exclusion de méthode, pas un jugement d'inefficacité. Du côté de la phytothérapie, une revue Cochrane de 2013 sur l'arthrose des mains conclut, sur une seule étude de 174 patients, à un bénéfice du gel d'arnica comparable à celui de l'ibuprofène, avec un niveau de preuve modéré, mais une tolérance qui n'est pas meilleure.
Comment l'utiliser
En compresse ou en application locale, diluée, sur peau saine, après un choc, une contusion, une entorse sans gravité, une courbature. Le geste utile dans les premières heures reste le froid et le repos relatif ; l'arnica accompagne, il ne remplace pas.
Précautions
Jamais sur une peau lésée. Le rapport européen est explicite : appliqué sur une surface cutanée blessée ou sur un ulcère de jambe, l'arnica peut provoquer une dermatite œdémateuse. Jamais sur une plaie ouverte, jamais sur une muqueuse, jamais dans les yeux.
Contre-indiqué en cas d'hypersensibilité aux Astéracées, et cette fois la précaution est solidement fondée : ce sont les lactones sesquiterpéniques de l'arnica, ses composés anti-inflammatoires, qui sont aussi ses allergènes de contact. Les dermatites allergiques de contact après application d'arnica sont bien décrites. Usage non recommandé avant 12 ans, déconseillé pendant la grossesse. Aucune interaction médicamenteuse n'est renseignée.
Quand consulter plutôt que traiter soi-même
Une déformation, une impossibilité d'appui ou de mobilisation, un hématome qui gonfle vite imposent un avis, souvent une radiographie. De même pour un traumatisme crânien, une douleur qui s'aggrave après 48 heures, un hématome sans cause chez une personne sous anticoagulant, et pour un mollet unilatéral chaud, dur et douloureux, qui fait chercher une phlébite avant tout le reste.
Sources
EMA/HMPC, monographie européenne Arnica montana L., flos, 6 mai 2014, et rapport d'évaluation correspondant · Pharmacopée française, Arnica (plante entière) pour préparations homéopathiques, 2008 · ANSM, liste A des plantes médicinales · Cochrane, Topical herbal therapies for treating osteoarthritis, CD010538, 2013.