Le mal aigu des montagnes touche environ un visiteur sur quatre dormant au-delà de 2 450 mètres. Les symptômes ressemblent à une gueule de bois : mal de tête, nausées, fatigue anormale, tête qui tourne. Ils apparaissent le plus souvent entre 2 et 12 heures après l'arrivée à l'altitude. Bénin dans la grande majorité des cas. Mortel dans une minorité, et c'est par là que nous commençons.
Elles viennent des autorités sanitaires américaines et elles se retiennent en une lecture. Aucune ne demande de matériel, aucune ne coûte d'argent, et elles sauvent des vies.
Une descente de 300 mètres ou plus suffit souvent à améliorer rapidement la situation. Et les symptômes du mal aigu des montagnes disparaissent en 12 à 48 heures avec la descente.
Elles ne se discutent pas, elles ne s'observent pas une nuit de plus, et aucun médicament ne les remplace.
L'œdème cérébral de haute altitude. Ce qui le signe, c'est le cerveau qui lâche : une démarche ébrieuse, comme si la personne était ivre, une confusion, un comportement anormal, une somnolence, l'incapacité à se prendre en charge seul. Le test le plus simple sur le terrain consiste à demander de marcher en ligne droite un pied devant l'autre. Si la personne n'y arrive pas alors qu'elle y arrivait la veille, on descend. Le coma peut survenir dans les 24 heures suivant le début des signes.
L'œdème pulmonaire de haute altitude. Il commence par un essoufflement disproportionné à l'effort, une oppression thoracique, une toux. Il évolue vers un essoufflement au repos et une toux qui ramène des crachats mousseux rosés. La saturation en oxygène peut tomber à 50 à 70 % dans les formes graves. La descente est urgente et obligatoire.
Retenez le mot qui distingue le bénin du grave : ataxie pour le cerveau, essoufflement au repos pour le poumon. Un mal de tête seul, non. Ces deux-là, oui.
Aucun produit ne remplace le rythme de montée. Les recommandations de la société de médecine de nature et d'aventure fixent un cadre chiffré : au-delà de 3 000 mètres, ne pas augmenter l'altitude de couchage de plus de 500 mètres par jour, et prévoir un jour de repos tous les 3 à 4 jours.
C'est l'altitude où vous dormez qui compte, pas celle où vous montez dans la journée. Monter haut et redescendre dormir plus bas est précisément la stratégie qui fonctionne.
Côté médicaments, ils sont sur prescription et se préparent avant le départ, pas au refuge. L'acétazolamide a bien une autorisation française qui mentionne le traitement symptomatique du mal des montagnes ; en revanche le schéma préventif utilisé par les sociétés savantes, 125 mg toutes les 12 heures, ne correspond ni au libellé ni aux dosages de l'autorisation française. Autrement dit, le préventif sort du cadre officiel et cela se discute avec un médecin, idéalement en consultation de médecine des voyages plusieurs semaines avant.
Quatre idées reçues à démonter, chiffres à l'appui.
Le ginkgo biloba. Il se vend beaucoup pour l'altitude et il ne fait rien. Dans l'essai de référence, sur près de 500 personnes analysées, le mal aigu des montagnes touchait 35 % du groupe ginkgo contre 34 % du groupe placebo, quand l'acétazolamide descendait à 12 %. Pire, l'ajout de ginkgo à l'acétazolamide augmentait les maux de tête. La société savante recommande formellement de ne pas l'utiliser en prévention.
La condition physique. L'entraînement et la forme physique ne modifient pas le risque. Le trekkeur le plus exposé est souvent le plus jeune et le plus sportif, précisément parce qu'il monte plus vite. Les plus de 50 ans ont même un risque légèrement plus faible, et les enfants sont aussi vulnérables que les adultes.
L'alcool. À éviter pendant les 48 premières heures en altitude. Et jamais pour dormir : les dépresseurs respiratoires, alcool et opiacés, ne doivent pas servir d'aide au sommeil en altitude.
Les somnifères. Ici nous corrigeons une affirmation que nous avons nous-mêmes entendue trop souvent. La contre-indication absolue des benzodiazépines en altitude n'est pas documentée : les autorités visent l'alcool et les opiacés, et considèrent les hypnotiques à demi-vie courte comme globalement utilisables. Cela ne veut pas dire qu'on en commence un avant un trek sans avis médical, mais l'interdit répété partout ne repose pas sur les données.
Nous devons être très précis ici, et cette précision est dans votre intérêt.
Un médicament homéopathique à nom commun est enregistré au titre de l'article L5121-13 du code de la santé publique, qui exige explicitement l'absence d'indication thérapeutique sur l'étiquetage. Aucune indication officielle n'est donc attribuée aux souches ci-dessous, et nous ne leur en attribuerons pas non plus. Elles sont disponibles à notre catalogue, elles relèvent de la pratique homéopathique, et elles ne dispensent ni de l'acclimatation, ni d'un avis médical, ni de la descente si les signes graves apparaissent.
Sur cette dernière, une transparence supplémentaire nous paraît nécessaire. La feuille de coca figure à l'annexe I de la liste des stupéfiants tenue par l'ANSM. La souche homéopathique est bien commercialisée en France, mais le mécanisme réglementaire précis qui articule ces deux faits n'a pas pu être établi avec certitude à partir des textes accessibles. Nous préférons vous le signaler plutôt que de faire comme si la question ne se posait pas, et nous avons saisi ce point pour vérification. Si vous cherchez un produit pour un séjour en altitude, parlez-nous d'abord de votre itinéraire et de votre altitude de couchage : c'est là que se joue le vrai bénéfice.
Ce qui aide sans ordonnance et sans discussion : boire régulièrement, manger des glucides, ne pas forcer le premier jour, et prévoir une nuit d'acclimatation intermédiaire dans le programme. Si votre sujet est le mal des transports pendant le trajet plutôt que l'altitude, voir nausées et transport.
Le risque commence pour une altitude de couchage à partir d'environ 2 450 à 2 500 mètres. Le cadre chiffré des 500 mètres par jour s'applique au-delà de 3 000 mètres.
Le mal de tête est le symptôme central, et le diagnostic retient au moins un point de céphalée associé à d'autres signes, digestifs, fatigue ou étourdissements, évalués après six heures au nouveau palier. La déshydratation donne aussi des maux de tête en montagne. Le point qui tranche, c'est l'évolution : ce qui s'aggrave malgré le repos se traite par la descente.
Oui, une fois les symptômes réellement résolus au même palier. La règle interdit de monter dormir plus haut avec des symptômes, pas de reprendre après leur disparition.
L'oxygène et les caissons hyperbares portables existent sur les itinéraires commerciaux et améliorent l'état, mais ils ne remplacent pas la descente. Ils servent à gagner du temps pendant l'organisation de celle-ci, jamais à poursuivre l'ascension.
Page rédigée par l'équipe de pharmaciens de la Pharmacie Homéopathique Centrale. Mise à jour : août 2026. Sources : Centres américains de contrôle des maladies (Yellow Book), Wilderness Medical Society 2024, score de Lake Louise 2018, ANSM (résumé des caractéristiques du produit de l'acétazolamide et liste consolidée des stupéfiants), code de la santé publique article L5121-13, British Medical Journal 2004. Devant une démarche ébrieuse, une confusion ou un essoufflement au repos en altitude, la conduite est la descente immédiate.
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