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30 décembre 2025Les calculs biliaires, ou cholélithiases, sont de petits dépôts solides (souvent comparés à des cailloux) qui se forment dans la vésicule ou, plus rarement, dans les voies biliaires. C’est une pathologie extrêmement courante : elle affecte 10 à 15 % de la population adulte et constitue l’atteinte biliaire la plus répandue. Bien que souvent silencieuse, la cholélithiase peut être à l’origine de douleurs intenses (la fameuse colique hépatique) et de complications graves, comme la cholécystite (l’inflammation de la vésicule).
Comment se forment les calculs biliaires ?
La formation de ces lithiases est le résultat de deux phénomènes combinés :
- Sursaturation de la bile : La bile devient trop concentrée en l’un de ses composants. Dans 80 % des cas, il s’agit de calculs cholestéroliques, composés majoritairement de cholestérol. Dans les 20 % restants, il s’agit de calculs pigmentaires, principalement composés de bilirubine.
- Mauvaise vidange de la vésicule : La vésicule biliaire ne parvient plus à se contracter suffisamment pour évacuer correctement son contenu. Cette stase biliaire permet aux cristaux de s’agréger et de former des calculs.
Quels sont les principaux facteurs de risque ?
- Le sexe féminin : les femmes sont 2 fois plus à risque que les hommes car les hormones féminines augmentent la sécrétion de cholestérol dans la bile et réduisent la vidange de la vésicule biliaire. Par conséquent, la prise d’une contraception orale ou d’un traitement hormonal de la ménopause, ainsi que les grossesses, favorisent la formation de lithiases.
- L’âge : le risque augmente significativement après 40 ans.
- Une alimentation hypercalorique : trop riche en graisses saturées et en sucres raffinés et à l’inverse trop pauvre en fibres.
- Les maladies métaboliques : obésité et surpoids, diabète, syndrome métabolique.
- Autres pathologies : mucoviscidose, maladie de Crohn, cirrhose hépatique.
- Hérédité et génétique : avoir un parent au premier degré atteint de lithiase biliaire double à quadruple le risque d’en être affecté.
- Certains médicaments : outre les traitements hormonaux, les médicaments de la famille des fibrates.
- Une perte de poids très rapide : régime draconien, jeûne prolongé ou chirurgie bariatrique.
Quels en sont les symptômes ?
La lithiase vésiculaire peut être parfaitement asymptomatique. Sa découverte est alors fortuite, lors d’un examen d’imagerie abdominale réalisé pour un autre motif.
Néanmoins, le principal signe clinique est l’apparition d’une douleur aiguë après le repas, située généralement du côté droit (sous les côtes). Cette douleur peut irradier vers l’épaule droite ou le dos, persiste pendant plusieurs heures et s’accompagne souvent de nausées, voire de vomissements.
Le diagnostic
Le médecin procède à un examen clinique et face à un tableau évocateur de la cholélithiase ou de la cholécystite, l’examen de première intention est l’échographie abdominale, qui permet dans 9 cas sur 10 de poser avec certitude le diagnostic. En cas de doute ou de recherche d’éventuelles complications, des examens complémentaires comme l’IRM sont envisageables.
Quelle prise en charge ?
Lorsqu’il n’y a aucun symptôme et que la découverte est fortuite, l’abstention thérapeutique est la conduite à suivre dans l’immense majorité des cas, à part quelques situations à risque qui exigent une ablation de la vésicule par mesure préventive.
En présence de symptômes, notamment lors d’une crise de colique hépatique, le médecin prescrit des antalgiques et des antispasmodiques pour soulager la douleur. Si les crises se répètent ou en cas de complications (infection, pancréatite), le traitement chirurgical devient nécessaire.
L’ablation de la vésicule biliaire, appelée cholécystectomie, est une intervention courante et peu traumatisante car elle est effectuée par technique laparoscopique (uniquement trois petites incisions dans l’abdomen). Il s’agit du seul traitement durablement efficace pour empêcher les récidives.
En alternative au traitement chirurgical, notamment lorsque le patient présente des contre-indications chirurgicales, le médecin peut avoir recours à des acides biliaires. Ce sont des médicaments conçus pour dissoudre les calculs de petite taille composés exclusivement de cholestérol. Ils sont rarement utilisés de nos jours car plusieurs mois de cure sont nécessaires (6 à 18 mois) et le taux de récidive est élevé dès l’arrêt du traitement.
Quels conseils préventifs ?
Afin de limiter les risques de formation de calculs biliaires, quelques consignes hygiéno-diététiques s’avèrent fondamentales :
- Consommez suffisamment de fibres : mangez des fruits, des légumes, des légumineuses et des céréales complètes.
- Recherchez les “bons gras” : ne supprimez pas les graisses mais privilégiez les graisses insaturées (huile d’olive, colza, avocat, noix, poissons gras) et réduisez le beurre, les fromages, les viandes grasses et les aliments industriels car ils contiennent généralement des acides gras trans.
- Limitez les sucres raffinés : une consommation élevée de sucre et de glucides simples (pain blanc, sodas, pâtisseries) augmente le risque de calculs.
- Pratiquez une activité physique régulière.
- Visez une perte de poids progressive : en cas de surpoids, un amincissement progressif et durable (environ 500 g par semaine) est préférable à une perte trop rapide et brutale. N’hésitez pas à vous appuyer sur les recommandations d’un professionnel de santé.
Et les remèdes traditionnels ?
Bien qu’il n’y ait pas de démonstration scientifique prouvant leur efficacité, de nombreuses plantes médicinales réputées cholérétiques et/ou cholagogues ont été traditionnellement utilisées pour réduire les problèmes de lithiase biliaire, en voici une liste non exhaustive (curcuma, radis noir, menthe poivrée, citron jaune, matricaire, pissenlit, gingembre, achillée mille-feuille). Attention cependant aux contre-indications et aux précautions d’emploi.
En effet, certaines plantes ne peuvent pas être employées si des calculs sont déjà formés car elles augmenteraient le risque de provoquer une crise de colique hépatique. Comme toujours, pensez à demander conseils à votre médecin ou à votre pharmacien avant de démarrer une cure.
Pour aller plus loin, je vous recommande l’excellent dossier thématique proposé par Ameli.fr.




