Une tension prise une fois, debout, après avoir couru pour attraper le bus, ne veut rien dire. Le diagnostic d'hypertension repose sur des mesures répétées, et la mesure qui compte le plus se fait chez vous. Commençons par là, parce que c'est la partie que vous maîtrisez et celle où la pharmacie sert vraiment à quelque chose.
La fiche de la Haute Autorité de santé et de la Société française d'hypertension artérielle fixe le protocole d'automesure :
Cela fait 18 mesures, dont on prend la moyenne. Le seuil en automesure est de 135 mmHg pour le premier chiffre ou 85 pour le second, alors qu'au cabinet il est de 140 et 90. Cet écart est normal et attendu : c'est le même patient, pas le même contexte.
Les recommandations européennes publiées en 2024 acceptent un protocole allégé, deux mesures matin et soir sur trois à sept jours, et ont introduit une catégorie intermédiaire de pression artérielle dite élevée entre 120 et 139. Le seuil d'hypertension, lui, n'a pas bougé. La référence française reste la fiche de 2016, et nous n'avons pas trouvé de position formelle de la Société française d'hypertension entérinant les seuils européens de 2024 : nous vous donnons donc les deux, sans trancher à leur place.
Ce qui compte pour votre médecin, ce n'est pas votre chiffre le plus haut. C'est la moyenne et sa cohérence. Apportez le relevé complet, y compris les mesures basses.
Un chiffre au-delà de 180 sur 110 se recontrôle au repos, quelques minutes plus tard. Ce qui fait l'urgence, ce n'est pas le chiffre seul, c'est le chiffre avec des signes : douleur dans la poitrine, essoufflement inhabituel, troubles de la vue, difficulté à parler, faiblesse d'un côté du corps, mal de tête violent et différent de vos maux de tête habituels, confusion. Dans ces cas, le 15. Une tension élevée sans aucun symptôme relève d'un avis médical rapide, pas d'une panique.
Nous préférons être précis plutôt que vendeurs, parce qu'ici l'enjeu n'est pas commercial.
La feuille d'olivier a bien une monographie européenne. Son indication traditionnelle porte sur l'augmentation de l'élimination rénale de l'eau dans les cas légers de rétention hydrique. L'hypertension n'y figure pas, et la monographie va plus loin : elle demande de consulter un médecin si des symptômes de cardiopathie ou d'hypertension apparaissent. Nous ne pouvons donc pas vous la vendre comme un antihypertenseur, et nous ne le ferons pas.
Le gui n'a aucune monographie européenne. Le comité des médicaments à base de plantes a examiné le dossier et conclu qu'aucune monographie ne pouvait être établie, en écartant explicitement les indications cardiovasculaire et anticancéreuse faute de preuves suffisantes. C'est un fait vérifiable, et il change ce qu'on peut en dire.
Ces produits gardent une place dans un accompagnement de terrain, avec l'accord de votre médecin. Ils ne remplacent aucun traitement, et un traitement antihypertenseur ne s'arrête jamais parce que les chiffres sont revenus normaux : ils sont normaux grâce à lui.
C'est le dossier le mieux documenté, et le plus sous-estimé. L'acide glycyrrhétique bloque une enzyme rénale, ce qui provoque une rétention de sel, une fuite de potassium et une hausse de tension. L'ANSES a fixé une valeur repère d'environ 10 mg d'acide glycyrrhizique par jour pour un adulte de 70 kg, et estime que près de 6 adultes consommateurs sur 10 la dépassent.
Dix milligrammes, c'est peu : la réglisse en bâton en contient environ 150 mg par gramme. Pensez aux sources qu'on n'associe pas au produit, pastis et boissons anisées, sirops, confiseries, tisanes digestives, compléments. L'ANSES recommande de ne pas dépasser quatre semaines d'usage et de ne pas cumuler les produits. Si vous êtes hypertendu, sous diurétique, sous corticoïde ou sous digoxine, dites-nous ce que vous consommez.
La pseudoéphédrine est passée sur ordonnance obligatoire en France. L'ANSM cite des accidents vasculaires cérébraux et des infarctus, et depuis peu des syndromes de vasoconstriction cérébrale réversible. La phrase de l'agence est nette : ces effets peuvent apparaître chez des patients sans aucun facteur de risque, quelles que soient la dose et la durée. Les vasoconstricteurs par voie nasale relèvent de la même prudence.
Deux effets se cumulent. Un anti-inflammatoire peut faire apparaître une hypertension ou aggraver celle qui existe, et il diminue l'effet des traitements antihypertenseurs, notamment des inhibiteurs de l'enzyme de conversion, des sartans et des diurétiques. L'association anti-inflammatoire, sartan ou inhibiteur de l'enzyme de conversion, et diurétique est celle qui expose le plus le rein. Le paracétamol reste l'antalgique de première intention chez un patient hypertendu.
Voilà le piège le plus vicieux, parce qu'il vient d'une bonne intention. Un patient sous inhibiteur de l'enzyme de conversion, sous sartan ou sous diurétique épargneur de potassium qui remplace son sel par un substitut enrichi en potassium s'expose à une hyperkaliémie. La notice du lisinopril le dit explicitement : ne pas utiliser de substituts de sel contenant du potassium sans avis médical.
Le paradoxe est instructif. Dans un essai chinois de près de 21 000 participants, un sel de substitution à 30 % de chlorure de potassium a réduit les accidents vasculaires cérébraux et la mortalité. Un bénéfice de santé publique réel, donc, et une contre-indication individuelle formelle sous ces trois classes de médicaments. C'est précisément pour ce genre d'arbitrage qu'on demande à son pharmacien.
Le millepertuis accélère la dégradation de nombreux médicaments et peut donc réduire leur efficacité. Le pamplemousse fait l'inverse en bloquant une enzyme intestinale, ce qui augmente les concentrations, la nifédipine étant nommément citée par l'agence américaine du médicament. Dans les deux cas, signalez-le.
Environ la moitié des adultes hypertendus en France ne savent pas qu'ils le sont, d'après les données de Santé publique France, et moins de la moitié sont traités. Le seul geste vraiment utile que vous puissiez faire aujourd'hui, c'est un relevé de trois jours. Nous prêtons et vérifions les tensiomètres, et nous vous donnons la fiche de relevé.
Sur les autres facteurs de risque cardiovasculaire, voir cholestérol et fonction cardiaque.
C'est banal, la tension varie sur la journée. C'est justement la raison du protocole matin et soir sur trois jours : on juge sur la moyenne des 18 mesures, pas sur une valeur isolée.
Les mesures de mode de vie ont un effet réel sur les chiffres modérément élevés, et votre médecin les proposera en premier dans ce cas. Chez un patient déjà traité, elles s'ajoutent au traitement, elles ne s'y substituent pas.
Le brassard huméral reste la référence. Un appareil de poignet est utilisable si la position est rigoureuse, poignet à hauteur du cœur, avant-bras posé. En cas de doute, apportez votre appareil, on compare avec le nôtre.
Regardons d'abord la quantité et la durée. La valeur repère de l'ANSES est basse et elle se dépasse facilement en cumulant plusieurs sources. Chez un hypertendu, c'est un point à revoir, surtout si le potassium sanguin est bas.
Page rédigée par l'équipe de pharmaciens de la Pharmacie Homéopathique Centrale. Mise à jour : août 2026. Sources : Haute Autorité de santé et SFHTA, ameli.fr, ANSM, ANSES, Agence européenne du médicament, Santé publique France, Manuel MSD, notices FDA, recommandations ESC 2024, essai SSaSS (NEJM). Cette page ne remplace ni un diagnostic ni un traitement.
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