C'est le sujet que l'on nous demande à voix basse, en attendant que le comptoir se vide. Il concerne pourtant une grande partie de la population adulte, et il se soulage bien quand on s'y prend correctement. Reste une règle à ne jamais contourner, sur laquelle nous revenons plus bas : un saignement ne s'attribue pas aux hémorroïdes sans avis médical.
Les hémorroïdes ne sont pas une anomalie. Ce sont des coussinets vasculaires normaux, situés à l'entrée du canal anal, qui participent à la continence. On parle de maladie hémorroïdaire quand ces coussinets se dilatent et s'enflamment.
Deux tableaux, deux ressentis. Les hémorroïdes internes saignent volontiers, en sang rouge vif sur le papier ou dans la cuvette, et font peu mal. Les externes donnent plutôt une douleur, parfois brutale, avec une petite boule ferme et bleutée à l'entrée de l'anus : c'est la thrombose hémorroïdaire. Elle est impressionnante et bénigne, mais elle mérite d'être vue par un médecin dans les premiers jours, car un geste simple peut soulager immédiatement.
Le protocole homéopathique correspondant est détaillé sur notre page Hémorroïdes du guide conseil.
Traiter la crise sans toucher au transit revient à écoper sans fermer le robinet. La constipation et les efforts de poussée sont le principal facteur déclenchant, avec la grossesse et la période qui suit l'accouchement.
Trois changements pèsent lourd : des fibres à chaque repas, un litre et demi d'eau par jour, et pas plus de cinq minutes assis sur la cuvette. Le téléphone aux toilettes est un vrai facteur de risque, aussi banal que cela paraisse. Notre page Constipation détaille les solutions de fond.
Un point avant tous les autres : tout saignement par l'anus doit être examiné par un médecin, même si vous avez déjà eu des hémorroïdes et même si le sang est rouge vif. Le cancer colorectal saigne de la même façon, et se dépiste bien quand on le cherche tôt. Attribuer soi-même un saignement à ses hémorroïdes est l'erreur qui coûte le plus cher dans ce domaine.
Consultez également en cas de douleur intense et brutale, de crise qui dure au-delà d'une semaine malgré le traitement, de récidives fréquentes, de fièvre ou d'écoulement, de grossesse en cours, ou si vous prenez un anticoagulant.
Oui, et c'est fréquent, surtout au troisième trimestre et après l'accouchement. Les soins locaux et les bains de siège sont possibles, mais certains veinotoniques et certaines plantes ne le sont pas. Demandez systématiquement conseil avant d'acheter.
Bonne pendant la crise, à condition qu'il soit sans parfum ni alcool. Beaucoup de lingettes du commerce sont irritantes. Un simple rinçage à l'eau tiède, puis un séchage en tamponnant, fait aussi bien.
Pas le sport en général, qui améliore le transit et la circulation. Pendant une poussée douloureuse, mettez de côté le vélo, l'équitation et la musculation lourde, qui appuient ou font pousser. La marche reste recommandée.
Côté homéopathie. Sur une fissure anale, deux souches se partagent le motif selon la douleur. Nitricum acidum en granules correspond à la sensation d’écharde plantée dans la lésion, Ratanhia en granules à une douleur en éclats de verre qui persiste longtemps après le passage des selles. Dans tous les cas, un saignement par l’anus doit être examiné, jamais attribué par déduction.
Congestion ou lésion ? La question départage vite. Hamamelis virginiana en granules décrit des hémorroïdes bleutées avec sensation de meurtrissure, dans un registre veineux ; Paeonia officinalis en granules vise la marge anale qui suinte et qui brûle après la selle. L’Assurance Maladie rappelle par ailleurs qu’un premier saignement anal, ou un saignement qui se répète, doit faire consulter.
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