Un coup de chaleur tue. C'est la seule chose à retenir de cette page avant tout le reste, parce que la différence entre l'épuisement dû à la chaleur, qui se traite à l'ombre avec un verre d'eau, et le coup de chaleur, qui se traite au 15, tient à un seul critère.
Personne n'a de thermomètre central à la maison, et le seuil de 40 °C n'est donc pas utilisable en pratique. Ce qui signe le coup de chaleur, c'est l'atteinte du système nerveux, qui est obligatoire dans cette forme : confusion, propos incohérents, comportement bizarre ou agressif inhabituel, démarche titubante, convulsion, coma.
Regardez donc la personne, pas le thermomètre. Si elle se plaint de crampes, d'une fatigue inhabituelle, de nausées ou de maux de tête et qu'elle vous répond normalement, vous êtes probablement devant un épuisement dû à la chaleur : ombre, fraîcheur, repos, boire. Si ses propos ne tiennent pas debout, appelez le 15.
L'objectif des soignants sera de ramener la température centrale sous 39 °C en trente minutes environ. Vous pouvez y contribuer, et l'efficacité des méthodes est très inégale.
Sur le sportif ou le travailleur jeune victime d'un coup de chaleur d'effort, l'immersion en eau froide est la méthode de référence : elle fait baisser la température d'environ 0,22 °C par minute en conditions réelles, contre moins de 0,1 °C par minute pour la douche froide, les poches de glace ou la ventilation seule. Un consensus d'urgentistes en a tiré un principe, refroidir avant de transporter. Ce principe concerne le coup de chaleur d'effort, sur place, avec du matériel ; à la maison, devant une personne âgée, on ne retarde jamais l'appel au 15 pour organiser un bain.
Voilà le conseil bien intentionné qui fait des dégâts chaque été. Les recommandations du ministère chargé de la santé sont explicites sur les populations à risque : ne pas dépasser un apport de 1,5 litre d'eau par jour en plus des aliments déjà riches en eau, et surtout ne pas hydrater par excès avec de l'eau seule, ce qui est « à la fois inutile et potentiellement dangereux ».
La raison est l'hyponatrémie, la chute du sodium sanguin. Elle ne relève pas de la théorie : l'indicateur de surveillance de Santé publique France agrège hyperthermies, déshydratations et hyponatrémies, et il a compté plus de 24 000 recours aux soins d'urgence à l'été 2025. Les personnes les plus exposées sont les sujets âgés, les insuffisants rénaux, cardiaques et hépatiques, et les patients sous diurétique ou sous psychotrope.
Ce qu'il faut donc, c'est de l'eau et du sel : une alimentation normale, du pain, des soupes froides. Nous n'allons pas vous vendre de sachets de réhydratation pour cet usage : ils sont validés dans les diarrhées, pas dans le coup de chaleur, et nous préférons vous le dire. Et pas d'alcool, la recommandation officielle est nette là-dessus.
L'ANSM publie une mise au point sur le bon usage des médicaments en cas de vague de chaleur, classée par mécanisme. Les familles concernées sont nombreuses : diurétiques et laxatifs pour les troubles hydro-électrolytiques, anti-inflammatoires, inhibiteurs de l'enzyme de conversion et sartans pour la fonction rénale, lithium, digoxine, anti-arythmiques et statines dont la cinétique change avec la déshydratation, anticholinergiques et bêta-bloquants qui gênent l'évacuation de la chaleur, neuroleptiques et antidépresseurs sérotoninergiques qui perturbent la thermorégulation centrale.
Et maintenant la phrase qui compte, citée de l'ANSM : « En aucun cas il n'est justifié d'envisager systématiquement une diminution ou un arrêt des médicaments pouvant interagir avec l'adaptation de l'organisme à la chaleur. » Autrement dit, on ne suspend pas son diurétique parce qu'il fait 38 °C. Ce qui se fait, c'est une réévaluation de l'ordonnance par le prescripteur. Apportez-nous vos boîtes avant la vague de chaleur, pas pendant.
Août 2003 : environ 15 000 décès en excès sur les deux premières décades du mois, soit une surmortalité de 55 %, avec un pic à plus de 100 % chez les femmes de 95 ans et plus. Été 2022 : 2 816 décès en excès, dont 2 272 chez les 75 ans et plus. Été 2025 : plus de 5 700 décès attribuables à la chaleur, dont environ trois quarts après 75 ans.
Les populations à risque listées par Santé publique France : plus de 65 ans, personnes handicapées ou malades, personnes dépendantes, femmes enceintes, jeunes enfants, personnes sans abri. Si vous avez un voisin âgé qui vit seul, la mesure la plus efficace de cette page consiste à sonner chez lui.
Nous serons clairs sur le cadre : rien de ce qui suit ne se substitue à l'appel du 15 devant un coup de chaleur. Ces souches s'emploient sur les malaises bénins liés au soleil et à la chaleur, ou en accompagnement après la prise en charge.
Dans le langage courant, l'insolation désigne le malaise après une exposition directe au soleil, avec céphalée et nausées. Le coup de chaleur est plus grave et se définit par l'atteinte neurologique. Un coup de chaleur peut survenir sans une minute de soleil, dans un appartement mal ventilé.
Le débat existe. Ce qui est établi, c'est que la ventilation associée à l'humidification de la peau est efficace, parce qu'elle accélère l'évaporation. Un ventilateur seul dans une pièce très chaude et sèche brasse de l'air chaud. Mouillez la peau, puis ventilez.
Fraîche plutôt que glacée, et par petites quantités. Et jamais chez quelqu'un dont la conscience est altérée.
Ce n'est pas une fièvre infectieuse mais un défaut d'évacuation de la chaleur, et les antipyrétiques n'agissent pas sur ce mécanisme. Le refroidissement physique est le traitement. Les anti-inflammatoires sont par ailleurs sur la liste ANSM des médicaments à risque en période de chaleur.
Page rédigée par l'équipe de pharmaciens de la Pharmacie Homéopathique Centrale. Mise à jour : août 2026. Sources : ANSM (mise au point vague de chaleur), ministère chargé de la santé, Santé publique France, Inserm, Manuel MSD, consensus Prehospital Emergency Care 2018. Devant un trouble du comportement en contexte de chaleur, appelez le 15.
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