
La Bergamote
2 novembre 2019
Homéopathie et remboursement : le vrai du faux
12 novembre 2019Homéopathie et remboursement
Il y a bien un sujet qu’adorent les journalistes : l’homéopathie. A force d’annonces et de débats télévisés, nombre de patients ne savent plus ce qu’il en est. Alors pour cette année 2019 et l’année 2020, oui, l’homéopathie est toujours remboursée. Et le prix des tubes et doses ne va pas changer.
Petit rappel des faits
Un groupe de médecins publient une tribune dans le Figaro pour dénoncer l’inefficacité de l’homéopathie et même ses dérives dangereuses. Du type, un traitement en homéopathie pourrait retarder un diagnostic vital. Évidemment, sans aucune étude à l’appui, alors que cela va devenir l’enjeu des prochains mois… les preuves.
Suite à cet article, la Ministre de la santé va saisir la Haute Autorité de la Santé, la HAS. La HAS est dotée d’une commission de transparence. Cette commission attribue une note aux médicaments. Et selon cette note, ces derniers peuvent ou pas être remboursés. C’est simple, bonne note = remboursement, mauvaise note = pas de remboursement. Avec l’aberration suivante. L’agence du médicament, l’ANSM, qui évalue aussi l’efficacité d’un médicament, va, par exemple, donner l’autorisation d’une mise sur le marché précoce d’un médicament (système des ATU, Autorisation Temporaire d’Utilisation en attendant l’AMM, Autorisation de Mise sur le Marché). Mais la HAS peut lui mettre une mauvaise note. Bref, ils ne sont pas toujours d’accord entre eux.
La HAS a des critères d’évaluation, basés sur des études scientifiques souvent fournies par les laboratoires commercialisant le médicament. La HAS effectue également des recherches bibliographiques.
Concernant l’homéopathie, la HAS a étudié 24 affections courantes, par exemple : l’anxiété, les verrues, les infections respiratoires, etc…
Voici ses conclusions sur le site de HAS-SANTE :
Efficacité de l’homéopathie
La HAS a conclu que les études ne permettaient pas de démontrer l’efficacité de l’homéopathie, tant sur les symptômes cliniques que sur la qualité de vie des patients. Elle explique que nombre de ces pathologies guérissent spontanément sans avoir besoin d’avoir recours au moindre médicament (homéopathiques ou chimiques). Enfin, elle suppose que le fait qu’une partie de la population se soigne à l’homéopathie n’aidera pas la collectivité à endiguer les risques d’effets secondaires (effet iatrogènes) des médicaments chimiques.
Pour rappel : la question des effets secondaires est un véritable problème de santé publique.
130 000 hospitalisations, au moins 10 000 morts par an (deux fois plus que les accidents de la route), un million et demi de journées d’hospitalisation en plus. À noter que ce risque est accru chez les personnes âgées de plus de 65 ans, surmédicamentées.
https://www.prescrire.org/Docu/DOCSEUROPE/20150222_VictimesEffetsIndesEtatLieux.pdf
https://www.cairn.info/revue-gerontologie-et-societe1-2002-4-page-29.htm#
>> À suivre : “Tout n’est pas faux, tout n’est pas vrai.”



