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Ostéoporose

Une fracture après 50 ans en tombant de sa hauteur, c'est déjà le diagnostic

Commençons par ce qui change le plus de choses. Une fracture survenue lors d'un traumatisme de faible énergie, typiquement une chute de sa propre hauteur, chez une personne de plus de cinquante ans, signe une fragilité osseuse. Poignet, épaule, bassin, vertèbre : ces fractures-là ne sont pas de la malchance.

Or une large part des personnes concernées ne sont jamais explorées ensuite. On plâtre, on rééduque, et personne ne pose la question de l'os. C'est pourtant le moment où le risque de refracture est le plus élevé, et où l'on peut agir.

Si cela vous est arrivé, demandez une densitométrie osseuse et un avis. Ce seul réflexe vaut plus que tout ce que nous pouvons vous vendre.

Lire ses résultats sans se tromper

T-scoreInterprétation
Supérieur à -1Densité osseuse normale
Entre -1 et -2,5Ostéopénie, une zone de vigilance et non une maladie
Inférieur ou égal à -2,5Ostéoporose

Mais le chiffre seul ne décide de rien. La décision de traiter s'appuie sur le score FRAX, un outil qui combine la densité mesurée et vos facteurs personnels : âge, antécédent de fracture, fracture de hanche chez un parent, tabac, corticothérapie, polyarthrite, consommation d'alcool. Il estime le risque de fracture à dix ans.

C'est ce qui explique qu'une personne à -2,3 puisse être traitée alors qu'une autre à -2,7 ne le soit pas. Si l'on vous a dit « vous avez un peu d'ostéoporose » sans plus de précision, demandez où vous vous situez.

Ce que l'homéopathie fait, et ce qu'elle ne fait pas

Soyons clairs, parce que le sujet le mérite. L'homéopathie ne reconstruit pas de la masse osseuse et ne remplace pas un bisphosphonate ou un traitement spécifique quand celui-ci est indiqué. Une ostéoporose sévère, avec fractures vertébrales, relève d'une prise en charge médicale, point.

Sa place est ailleurs : accompagner le terrain, soulager les douleurs osseuses diffuses, soutenir la consolidation après une fracture, et compléter une hygiène de vie.

RemèdeQuand nous le conseillons
Calcarea phosphorica 9 CHTerrain de déminéralisation, croissance, convalescence, fatigue osseuse.
Silicea 9 CHConstitution fragile, ongles et cheveux cassants, tissus de soutien de mauvaise qualité.
Symphytum officinale 5 CHAccompagnement de la consolidation après une fracture confirmée.
Calcarea fluorica 9 CHLaxité ligamentaire, terrain d'hyperlaxité, tissus élastiques.
Natrum muriaticum 9 CHAmaigrissement, frilosité, mauvaise assimilation malgré une alimentation correcte.
Phosphoricum acidum 9 CHÉpuisement après une période de surmenage ou un choc, avec douleurs osseuses.

Le calcium : par l'assiette, et par l'eau

L'objectif après la ménopause tourne autour de 1000 à 1200 mg de calcium par jour, et il se couvre très majoritairement par l'alimentation. Les supplémentations calciques à fortes doses, prises isolément et sans vitamine D, ont fait l'objet de discussions sur le plan cardiovasculaire : ce n'est pas la voie que nous privilégions.

Un moyen simple et peu coûteux d'ajuster : les eaux minérales riches en calcium. Certaines en apportent 500 mg par litre, soit l'équivalent d'un yaourt et demi, sans y penser. Un litre par jour comble une bonne partie de l'écart quand les produits laitiers sont mal tolérés.

Les autres sources qu'on oublie : sardines avec arêtes, amandes, chou kale, tofu au calcium, eaux de cuisson des légumes.

La vitamine D et le reste du dossier

  • La vitamine D conditionne l'absorption du calcium. Sans elle, une bonne part du calcium avalé ne passe pas. Le déficit est très fréquent en France à partir de l'automne. Un dosage permet d'ajuster.
  • Les protéines. La trame de l'os est faite de collagène. Un apport insuffisant, fréquent chez les personnes âgées, fragilise l'os autant qu'un manque de calcium.
  • La vitamine K2, qui oriente le calcium vers l'os plutôt que vers les artères. Attention, elle est incompatible avec les antivitamines K.
  • Le magnésium et le zinc, cofacteurs de la minéralisation. Voir vitamines et minéraux.

Sur la construction mécanique de l'os, l'activité physique en charge et les repères de prévention, nous détaillons tout sur notre page capital osseux et nutrition. Pour le contexte hormonal, voir ménopause.

Prévenir la chute autant que la fracture

C'est le versant qu'on néglige systématiquement. Une fracture, c'est un os fragile plus une chute. Travailler sur le second terme est souvent plus rentable que sur le premier.

Faites revoir votre ordonnance : somnifères, anxiolytiques, certains antidépresseurs et antihypertenseurs augmentent nettement le risque de chute. Faites contrôler votre vue une fois par an. Enlevez les tapis, éclairez le couloir de nuit, installez une barre dans la douche. Et travaillez l'équilibre, la marche seule ne suffit pas.

Quand consulter

SituationCe qu'il faut faire
Perte de taille de plus de 3 cm, dos qui se voûteConsultation, piste de tassement vertébral
Douleur dorsale brutale après un effort banalConsultation rapide, radiographie
Fracture après une chute de sa hauteur après 50 ansDensitométrie et avis, systématiquement
Ménopause précoce, avant 45 ansAvis médical sur le risque osseux
Corticothérapie de plus de trois moisÉvaluation osseuse, c'est un facteur majeur
Antécédent de fracture de hanche chez un parentÀ signaler, cela pèse dans le calcul du FRAX

Les questions qu'on nous pose souvent

L'ostéopénie, faut-il la traiter ?

Pas systématiquement, et c'est important à comprendre. L'ostéopénie n'est pas une maladie mais une zone intermédiaire. La décision dépend du score FRAX, pas du seul chiffre de densité. Dans beaucoup de cas, c'est l'hygiène de vie, le calcium alimentaire, la vitamine D et l'activité physique qui sont proposés.

Faut-il prendre du calcium en gélules ?

Seulement si l'alimentation ne suffit pas, et à ce moment-là toujours avec de la vitamine D. Nous préférons commencer par évaluer vos apports réels : beaucoup de gens sont plus près de l'objectif qu'ils ne le pensent, ou peuvent le combler avec une eau minérale.

Le lait est-il vraiment utile ou décalcifiant ?

L'idée que le lait décalcifierait ne repose sur aucune donnée solide. Cela dit, il n'est pas indispensable : les eaux calciques, les sardines, les amandes et les légumes verts couvrent parfaitement les besoins. La bonne réponse dépend de votre tolérance et de vos habitudes, pas d'un dogme.

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