
Homéopathie et remboursement : le vrai du faux
12 novembre 2019
Coup d’oeil sur l’euphrasia
22 novembre 2019La fin du remboursement de l’homéopathie, pas pour tout de suite !

L’homéopathie restera remboursée en 2019 et 2020. Normalement elle ne doit plus l’être en 2021, mais les laboratoires d’homéopathie n’ont pas dit leur dernier mot, les patients non plus. Mercredi 23 octobre 2019, les laboratoires Boiron et Lehning ont déposé deux recours auprès du conseil d’Etat afin d’annuler les décrets relatifs aux déremboursements de l’homéopathie en 2021. Ils dénoncent les irrégularités concernant la procédure d’évaluation de l’homéopathie.
Si on comprend bien, au final, l’objectif du déremboursement de l’homéopathie est de la reléguer au niveau du médicament conseil pour la bobologie courante. Et d’inciter les français à se soigner par eux même pour ce type de maux. Voir même, ne rien prendre, ça va passer tout seul.
Et il faut noter que, depuis des années, c’est la tendance. En dehors de l’homéopathie, aucun traitement n’est remboursé pour les petits maux : rhume, jambes lourdes, fatigue, etc..
Doit-on cantonner l’homéopathie à la bobologie ? Ou a-t-elle sa place pour soigner une angine, une mycose, des troubles du sommeil, etc.. ?
Pourquoi le paracétamol est le médicament le plus utilisé en automédication ? La boite coute 2 euros. On oublie souvent que le prix est un critère de choix dans l’automédication. Et tant que le tube d’arnica 9 ch coutera également 2 euros, le patient aura un choix véritable de choisir son mode de traitement. Laissons la possibilité aux patients d’être acteur de leur santé.
L’impact du déremboursement posera les questions suivantes :
- quid des enfants atteints de cancer dont 25% sont suivi par un médecin homéopathe ? Des femmes enceintes sachant que 80% des sages-femmes prescrivent de l’homéopathie ? Et quid des patients qui ne supportent aucun médicament aux doses usuelles ? etc…
- l’augmentation du prix des tubes et doses qui privera nombre de patients d’une automédication en homéopathie ou d’une prescription médicale. Le prix est la grande clef du problème, « l’effet secondaire » du déremboursement. Peu l’on évoqué.
- L’homéopathie est un médicament. Doit-il conserver ce statut ? Pourquoi ne pas avoir posé cette question ? Probablement du fait que la médecine homéopathique est encadrée par des médecins et des pharmaciens qui peuvent ainsi garantir son bon usage. Aucun médecin ou pharmacien homéopathe ne réfute l’utilité de traitements allopathiques. Tous est question de bénéfice/risque pour le patient selon la pathologie à soigner, l’ensemble des traitements concomitants et son état général.
Eduquons les français au bénéfice/risque d’un traitement, sur le fait qu’une consultation chez un médecin n’engendre pas systématiquement une ordonnance (ce que les 124 médecins de la tribune du Figaro auraient dû souligner).
Créons des postes de coordinateurs de soin en gériatrie pour limiter le nombre de médicaments prescrits chez les plus de 65 ans. Prenons à bras le corps l’errance de diagnostic source d’excès de prescription souvent inefficace voir dangereuse.
Améliorons la communication auprès des patients en intégrant la littératie en santé à tous les niveaux. Formons les citoyens à la santé dès leur plus jeune âge.
Et apprenons à créer des bases de données, des cohortes afin que l’ensemble des traitements, homéopathie inclus puissent être évalué dans la vie réelle.



